X PRÉFACE
une induction; il a appliqué cette méthode et en a tiré de ces principes la doctrine suivante : On ne peut pas savoir ce qu^on n'a pas appris ; on ne peut pas pratiquer des vertus dont on n^a pas idée ; au contraire, ce qu'on sait être beau et bien, on ne peut s'empêcher de le faire. La fin de la science est Taction, et même on peut aller jusqu'à dire que la science se confond avec l'action, et par conséquent la philosophie avec la sagesse et la vertu. Il y a plus, le bien, déjà identique au vrai, ne se distingue pas de l'utile; car tout bien est relatif, c'est-à-dire a une fin. L'ordre qui éclate dans les phénomènes de la nature, et particulièrement dans l'organisme de l'homme, a évidemment un but, qui n'est autre que le bonheur de l'homme ; mais cette harmonie si juste des moyens avec la fin ne peut provenir que d'une intelligence, d'un être aussi sage que puissant. C'est une raison, un esprit qui gouverne le monde ; car de même que nous ne pouvons nous expliquer les mouvements de notre corps et les actes de notre pensée que