‹ Vie de St. François Xavier de la Compagnie de JésusChapitre 33 sur 79 · LITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LITRE SIXIÈME

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Les affaires de la Compagnie étant raccommodées de là sorte , Xavier ne songea qu'à fournir les missions des Indes'de bons ouvriers , on plutôt qu'à augmenter en la plupart des missions le nombre de ceux qui y étaient déjà employés et qui ne suffisaient pas aux besoins communs. Il envoya donc Melcbior Nugnez à Bazain , Gonsalve Rodriguez à Cocbin , Jean Lopez à Méliapor et Louis Mendez à la Pêcherie, où il confirma supérieur le père Henri Henriquez , que les missionnaires de la côle avaient cboisi d'eux-mêmes en la place du père Antoine Criminal.

Il tourna ensuite toutes ses pensées vers la Chine. Le vice-roi don Alphonse de Norogna accorda très volontiers au marchand Jacques Pereyra l'ambassade que Xavier avait demandée; il promit même de la favoriser en toutes choses , et il donna de quoi faire des présents à l'empereur de la Chine. Néanmoins les plus magnifiques furent aux dépens de l'ambassadeur : c'étaient des chasubles dedrapd'oretdes parements d'autel de brocard, des tableaux de dévotion faits par d'excellents peintres de l'Europe^ avec d'autres superbes ornements d'église, tous propres à représenter aux Chinois la majesté delà religion chrétienne.

L'évêque don Jean d'Albuquerque ne fut pas moins favorable au dessein du Père que le vice-roi , et voulant écrire à l'empereur delà Chine, pour lui rendre un témoignage honorable de la sainte loi de Dieu , il fit faire sa lettre en caractères d'or , avec divers embellissements de peinture.

Il ne fallait plus que choisir les missionnaires qui devaient accompagner Xavier à la Chine , et en destiner quelques uns au Jupon; car, outre que le Saint pensait

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de lui-même h ses chers Japonais, l'ambassadeur du roi de Bunfi^o, qui était venu avec lui à Goa, demandait des prédicateurs évangéliques au nom de son maître. L'homme de Dieu n'eut pas peu d'affaires pour conlenier tous ceux qui s'oiTraient à lui. il y avait alors trente personnes de la Compagnie dans le collège de Goa : les uns qui étaient aux Indes dès les premières années de Xavier ; les autres venus de nouveau, ou reçus depuis peu de temps, tous d'une vertu éprouvée, et dignes du sort que chacun désirait pour soi avec tant d'ardeur ; mais il n'y en avait point qui eût plus d'empressement ni qui méritât plus de distinction que Gaspard Barzée.

Xavier , avant que de partir du Japon, l'avait rappelé d'Ormuz, dans le dessein de l'envoyer au Japon même, ou de le conduire à la Chine; cependant il ne fit ni l'oo ni l'autre; et, après bien des réflexions, il jugea plasà propos de laisser Barzée à Goa , où , depuis son retour d'Ormuz, il faisait des fruits incroyables. Mais la principale raison fut la nécessité du collège de Saint-Paul, qui se sentait encore un peu du j^ouvernement de Gomez^ et qui avait besoin d'un supérieur dontla conduite n'eût rien que de régulier. Il l'établit donc recteur du collège de Goa, et tout ensemble vice-provincial des Indes , par l'autorité qu'il avait reçue du général delà Compagnie; car le Saint trouva, à son retour du Japon , deux patentes de Rome expédiées l'an 1549, Tune du 10 octobre, l'autre du 23 décembre, comme les minutes qui se gardent dans les archives de la Compagnie en font foi. Par la première, Igna'ce déclarait Xavier provincial des Indes et de tous les royaumes de l'Orient, dont il fit une province particttlière sépar^ de celle àe Portugal. Par la seconde, il lui communiquait pleinenient tous les privilèges que les souverains pontifes avaient accordées au chef de. l'Ordre et aux membres à qui le chef voudrait en faire part.

Au reste , voici la formule par laquelle Barzée fut établi , et qui se garde dans les archives de Goa , écrite de la main même du père Xavier.

« Maître Gaspard , je vous commande, en vertu de » la sainte obéissance ^ comme supéi4eur de la Compa-

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