LIVRE PREMIER
Sous le pontificat de St. Clément, deuxième successeur de St. Pierre, l’an 95 après J.-C., vivait à Rome un homme d’une piété singulière, le bon et simple Hermas, que St. Paul salue dans PEpitre aux Romains. Grec d’origine et d’une famille distinguée, en se rangeant parmi les disciples de l’Apôtre des gentils, il eut besoin d’être assisté par la charité publique, et fut nourri par une personne pieuse de la ville de Rome, où il était venu se réfugier. L’épouse qu’il prit pour compagne lui donna plusieurs fois l’occasion de mériter pour le ciel. Sa nombreuse famille fut aussi pour cet homme de Dieu un grand sujet de faire pénitence. Il avoue lui-même que l’ambition des siens l’exposa à une trop grande faiblesse dont il fit pénitence par la suite. Nous avons raison de croire, qu’après la mort de sa femme, il fut ordonné Prêtre. Ceci nous apparaît par son titre de disciple de St. Paul, et surtout par le genre de vie qu’il adopta dans la suite.
Ce qui l’a rendu célèbre dans l’Eglise, outre son éminente sainteté, c’est l’ouvrage qu’il composa sous le titre du Pasleur. St. Jérôme nous assure que l'opinion de son temps lui attribuait cette œuvre. Clément d'Alexandrie et son disciple Origène, ainsi que Tertullien, n’hésitent pas à le reconnaître pour auteur de cet écrit. Nous ne craignons donc pas de nous ranger du côté de ces grandes autorités des premiers siècles. On a pensé quelque temps que ie livre du ,Pasleur avait été compcsé par un autre Hermas, qui vivait vers l’an 152 ; mais il a été reconnu que cet Hermas ne fit que traduire en latin le livre du Saint, qui avait été écrit en grec. Il est peutêtre à propos de faire remarquer aussi que plusieurs ont confondu St. Hermas, dont il est ici question, avec St. Hermès, martyr, dont l’Eglise fait la mémoire le 28 août. Notre Saint, reconnu par l’Eglise sous le titre de Confesseur nonpontife, est celui dont elle nous parle dans son martyrologe à la date du 9 mai, qui.est le jour de sa mort et de son entrée au ciel. , Ainsi, c’est à cette époque que nous devons en célébrer la fête.
ca {
Ce serait peut-être l’occasion de publier ici que St. Hermas fut choisi pour patron d’une paroisse du Diocèse de Montréal, en considération de son œuvre du Pasteur.
L’Evêque du Diocèse, voyant avec peine et inquiétude l'extrémité sud-ouest de son territoire entourée d’hérétiques, voulut se ménager des protecteurs puissants dans les Titulaires qu’il donnait aux nouvelles circonscriptions de cette partie. Il espérait que ceux qui avaient si bien défendu l'Eglise de Dieu pendant leur vie, par leurs admirables écrits, sauraient bien mieux encore, au sein de leur gloire et de leur triomphe, inspirer à leurs protégés l'esprit de foi et la fermeté nécessaire pour résister au protestantisme. Aussi, voyons-nous apparaitre, comme une redoutable phalange, sur ces confins du l'incèse, St. Bernard, St. Jean-Chrysostôme, St. Ignace, martyr, St. Polycarpe, St. Hermas et St,
érôme.
Quoique le St. Concile de Trente n’ait pas confirmé l’opinion de St. Irénée, qui voulait que le livre du Pasteur füt au
nombre des livres qui composent la Ste.
Ecriture, cependant il ne défend aucunement de respecter ces écrits composés par de saints personnages et traitant de la Religion.