CHAPITRE SECOND
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Sa Mortification.
Nous lisons ce qui suit à la date du 9 mai au martyrologe romäin :
À Rome, St. Hérmas, dont PApôtre “ fait mention dans son Épitre aux Ro- ‘ mains, qui, S’étant offert comme ‘une “ hostie agréable à Dieu, en se sacri- “ fiant lui-même, se rendit célèbre per
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“ l’éminence de sa vertu, et mérita d’en- “ trer dans le royaume des cieux.” Homme de sacrifices, St. Hermas avait compris que les disciples d’un Dieu crucifié doivent s’immoler tous les jours. S1. Paul lui avait répété ce qu’il
écrivait aux Corinthiens, chap. 4-10,
“ qu’il devait porter en lui la mortification de J.-C.”
Il commença par le sacrifice de sa volonté, qu’il abandonna généreusement, pour faire celle de Dieu, Il avait sou.
mis son esprit à sa foi, il fallait que son corps le fût à son esprit. 1l rétablit l’ordre que le Paganisme avait détruit, en accordant tout aux sens et-rien à l’âme.
Mais pour arriver à ce but, que d’efforts n’eut-il pas à faire, que de combats n’eutil pas à livrer! Il fallait dompter le pius grand ennemi qui est la concupiscence :
il l’attaque pur les jeûnes et les péni tences les plus rigoureuses. Qui pourrait nous dire les saintes rigueurs qu'il fit souffrir à son corps que jusqu’alors il avait idolâtré ? S’il nous était possible de percer le voile qui nous dérobe tant de belles actions, nous je retrouverions
toujours à la recherche de nouveaux tourments pour vaincre l’ennemi qu’il veut dompter, et par là plaire à son Dieu.
ÎLa cependant laissé entrevoir dans son livre du Pasteur qu’il employait le jeûne et les larmes pour crucifier sa chair, et s’en rendre victorieux. Cela doit suflire à notre admiration. Ses jeûnes nous disent les douleurs de son corps, ses larmes nous apprenent la componction de son cœur. |
Nos pénitences méritent-elles d’être comparées à celles de St. Hermas ? Lui qui trouvant celles de l'Eglise trop légères, en entreprend tous les jours de nouvelles pour satisfaire au désir qu’il a de souffrir pour son divin Maître. Le joug du Seigneur nous paraît trop pesant, nous voulons sans cesse l’'alléger. Pourtant l’Egiise n’a laissé qu’un faible vestige de:ce qu’elle exigeait autrefois de sesenfants. Cependant quels murmures, quels prétextes surtout pour se dispenser des légères pénitences qu’elle a lais.
sé subsister ? Aussi quel est l’efet qui en résulte ? La chair triomphe, la sensualité l'emporte et au lieu d’être rédui-
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Les excès dans le boire et le manger sont deux écueils où la chair suecombe. Ainsi en désobéissant à Eglise, nous perdons de plus le moyen qu’elle nous offre pour nous sauvegarder de ces dangers. St. Hermas avait de suite compris ce grand inoyen de salut, etil a persévéré jusqu’à la fin de sa vie, jeûnant et traitant rudement son corps. A son exemple, acceptons avec soumission le peu que l'Eglise nous commande. Soyons sobres dans le boire et le manger, nous reconnaitrons de suite l’avantage que nous pouvons en retirer, et qui fut
la récompense accordée à St. Hermas.
Nous avons dit qu’il raconte lui-même ses gémissements et ses larmes dans ses écrits. En effetà chaque page il semble ne pouvoir trop rappeler l'efficacité de.ses pleurs sur le cœur de Dieu. :I1 nous raconte que tantôt il pleurait sur ses fautes, tantôt sur celles de ses proches. N'est-ce pas aussi en imitant St.
Hermas que Ste. Monique a mérit: par ses larmes la conversion de son cher Au- .