CHAPITRE TROISIÈME
Son Espril d’Oraison.
On remarque que St. Hermas fut favorisé de plusieurs révélations, mais que chacune d’elles n'avait lieu que pendan‘ ses prières où immédiatement après. Au $ème paragraphe du ler livre du Pasteur il est dit: “ qu’Hermas continuant ses jeûnes ei ses prières, VPange lui apparut. ” Au livre second nous lisons ces paroles : 4 Hermas venait de prier nuand l'ange lui apparut, ” Au livre 3ème il est dit: “ qu’Hermas s’étant retiré dans la solitude pour prier, son messager céleste commença à lui parler.”
Cette attention à prier, à se recueillir, revient aussi souvent dans cet écrit que ses jeûnes et ses larmes, Outre la mortification qu’il pratiquait avec tant de soin, on le voit donc de plus assidu à la prière. Sa vie peut alors se résumer dans ces trois mots : il jeûne, il pleure,
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il prie. Vie pleine de mérites et toute employée au service de Dieu et au salut de son âme.
Mais quelle récompense n’en recçoit-il pas ? Dieu le console et le fortifie par le ministère d’un de ses anges, il l’instruit de ses devoirs, il lui fait connaître la beauté, la gloire et les besoins de son Eglise. Il comprend toute la sainte économie de cette religion qu’il a embrassée avec tant d’ardeur et qu’il pratique avec tant de fidélité.
Plus Dieu se fait connaître à lui, plus il redouble ses pénitences, plus il prolonge ses oraisons.
Disciple de celui qui disait aux Colossiens, chap. 1——8, ‘“ qu’il priait sans cesse pour eux,” il prie aussi sans interruption pour sa famille, pour l'Eglise et pour lui-même. Ne savait-il pas aussi qué la prière rend humble puisqu’elle part d’un cœur qui éprouve le besoin d’être secouru ? N’était-il pas persuadé, en effet, que la persévérance dans l’oraison est toute puissante sur le cœur de Jésus, lui qui avait déclaré que si le fidète “ persévère à frapper on lui ouvri-
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ra.” Représentons-nous ce grand Saint cherchant la solitude pour fuir les distractions et conversant cœur à rœur avec son Dieu. Il s’est préparé à la prière, il a jeüné, il a pleuré, il peut alors s’entretenir avec son bien-aimé. Ce n’est qu’a-.
vec peine qu’il s’arrache à ce doux commerce pour vaquer aux besoins de ja vie, mais encore alors il trouve le moyen de:
parler à Dieu en lui offrant ses actions,
Quand on réfléchit sur la négligence des hommes à prier, on n’est pas surpris de voir tant de crimes et de désordesdans le monde. Aussi le prophète Jérémie (chap. 12—11), nous dit-il : que les maux qui inondent la terre n’arrivent que ‘‘ parce qu’il n’y a personne qui ait le cœur attentif à Dieu, ” Or, comment le faire sans la prière? Comment Y parvenir sans l’oraison ? Peut-on appeler prière ces courts instants que l’on passe à réciter quelques formules auxquelles on ne songe pas même ? Est-ce prier que de le faire au milieu de mille pensées inutiles et souvent dangereuses ? Hélas ! même au milieu de nos plus redoutables mystères, pendant Pauguste sacrifice de nos
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