RUE BONAPARTE, 82, TOUS DROITS RÉSERVÉS
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Ge livre est la rédaction à moins du tiers des deux gros volumes intitulés : Voltaire, sa vie et ses œuvres \
La réduction a porté d'abord sur tout ce qui est dissertation, discussion de faits, de textes, de témoimoignages ; en un mot, sur tout l'appareil critique. Ici, en général, un simple récit, purement affirmatif, sans preuves exprimées, sans renvoi explicite aux sources.
Et nous ne demandons pas pour cela à être cru sur parole. Nos preuves, et nos preuves incontestable! et incontestées, sont faites ailleurs : dans l'ouvra^Komplet; et il n'est pas un fait, un jugement de cet abrégé, qui n'ait là sa démonstration authentique et irréfragable.
1 Paris, 1867, chez A. Bray; prix : 15 fr.
Le lecteur est libre d'y recourir toutes les fois qu'il doute, toutes les fois qu'il recule devant telle ou telle assertion qui lui paraît incroyable, même quand il s'agit de Voltaire. Et pour lui faciliter ce recours, on s'est attaché à suivre dans l'abrégé le même plan et les mêmes divisions que dans l'ouvrage complet, en sorte que les deux tables répondent l'une à l'autre livre par livre, chapitre par chapitre , et presque paragraphe par paragraphe.
La réduction a porté encore sur certains détails hideux ; détails, en quelque sorte, de musée secret, qui doivent être écartés d'une galerie publique. Il a été nécessaire, une bonne fois, de mettre à nu Voltaire et son entourage, comme a fait Pigalle pour sa statue. C'est fort laid à voir, peu capable, croyonsnous, d'inspirer les coupables pensées ; mais c'est indigne, nous l'avouons, d'être offert aux jeunes regards, qui ne se devraient fixer que sur les belles, pures et saintes choses.
Ce livre nous paraît susceptible d'être laissé sous tous les yeux et entre toutes les mains. Non que ce soit encore une lecture édifiante : il reste toujours là, malgré tous les retranchements, des analyses, au moins des allusions forcées, contre lesquelles il faut
savoir s'aguerrir; mais c'est une lecture instructive, utile, indispensable, pour apprendre ce que valent les ennemis du christianisme, puisque enfin voilà leur maître et leur patriarche, leur roi et leur dieu !
Destiné principalement à la jeunesse et à ceux qui J ne connaissent pas suffisamment Voltaire, ce livre ne sera pas inutile même aux savants, même aux possesseurs de la grande histoire, qui ne voudront que se remettre sous les yeux l'idée générale du personnage, ou que prendre rapidement un fait ou une appréciation.
Débarrassé de toute discussion, de tout détail épisodique, de toute note, le livre est encore d'une lecture plus commode et plus courante que son gros aîné. C'est le monument délivré de cet échafaudage, que les habitudes de la critique et les exigences de la curiosité contemporaine forcent à laisser autour et même à l'intérieur de tout édifice littéraire.
Après tant de travaux historiques et littéraires sur le dix-huitième siècle, et surtout après tant de publications dont Voltaire a fourni la matière inédite ou le sujet tout neuf, les Vies en si grand nombre que nous avions de cet homme étaient devenues tout à fait in-
suffisantes. On dira, nous l'espérons, que celle-ci les remplace toutes avec avantage, comme on a bien voulu dire de l'ouvrage complet qu'il était «la dernière histoire de Voltaire. »