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une passion. C'était Marie toujours es partout qu'il voulait, Marie à aimer et à faire aimer. Un livre, un sermon ne lui plaisait qu'en autant qu’il parlait d'elle. Et tout ce qu’il pouvait en lire et en entendre était toujours nouveau pour lui. Aussi est-ce avec soin et un plaisir tout nouveau qu’il note ses conversations toutes d’amour de Marie qu'il a avec ses amis. (C'étaitun amour exclusif, à tel point qu’il craignait parfois d'aimer trop Marie et de ne pas aimer assez Jésus. C'est que son amour pour Jésus était plus raisonné, plus libre, et son amour pour Marie plus du cœur et même d’une certaine nécessité. Mais sa piété était trop éclairé pour se laisser prendre à ce piège. “ L'amour pour “ Marie, disait-il, n'a jamais damné personne. “ N'est-ce pas plutôt le moyen unique et infail- “ Jible d'aller à Jésus ?”
“ Il s’estimait heureux d’être né dans la paroisse de }’Assomption consacrée spécialement à Marie. Mais il regrettait beaucoup de n’être pas né un samedi ou un jour de fête de Marie. Il espérait, disait-il, se reprendre à sa mort: il priait Marie à cet cffet. Plusieurs fois il s’arrêtu à faire ce rêve: il se représentait mourir un jour de fête de Marie et prendre part à la fête qui réjouit le ciel en ces beaux jours : il se voyait
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au ciel “ agenouillé au pied de la Mère du Bel “ Amour, accoudé sur ses genoux, comme un en- ‘ fant sur les genoux de sa mère, et Elle le ca- “ ressait de sa main bénie pendant que ses yeux “ remplis d'amour sont fixés sur les yeux de son “ cher enfant, l’admirant sans se lasser, et cela “ toujours.... dans une extase infinie....”
“ Un amour aussi vif devait nécessairement déborder de son cœur et se répandre au dehors. Aussi employait-il tous les moyens et toutes les industries pour faire connaître et aimer sa bonne Mère. Il exerça surtout son action parmi les jeunes congréganistes et parmi ceux qui aspiraient à l'être, pour les y préparer. Il leur faisait adopter quelques pratiques régulières de piété envers Marie, par exemple, la récitation de l'office de la sainte Vierge, la sanctification du samedi. Il les voyait de temps en temps et leur parlait de Murie. Et Marie les bénissait, et leur donnait ses premières caresses qu’elle prodigue toujours à ceux qui veulent l'aimer ; et c'étaient autant de serviteurs dévots qui à leur tour répandaient l'amour de leur Reine chez leurs confrères.
“ Et ces choses, on n’en avait pas soupçonné l'existence. Zéphirin lui-même ne se sou}.çonnait pas : il aimait tant sa bonne Mère qu'il trouvait tout naturel de chercher à la faire aimer.
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“ À sa sortie du séminaire pour les vacances, en 1889, Zéphir, avant de quitter la maison, était allé visiter une dernière fois sa chère statue de la sainte Vierge, qu’il aimait d'un amour de prédilection. Il avait glissé sous la statue le billet suivant :
‘“ À ma Mère chérie,
‘“ Au Ciel!
“ Protégez-nous mon frère et moi. ” Votre enfant bien-aimé. ”
ances,
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ue de
e pré- Son journal.
billet
Depuis l'année 1888 Zéphir tenait un journal intime dans lequel il enregistrait tout ce qui avait quelque intérêt pour lui: ses impressions heureuses ou fâcheuses, un fait quelconque dont £n il voulait conserver le souvenir, une parole entendue, une pensée survenue à la suite d’une lecture, d’une conversation, etc.
Ce petit journal, bien qu'écrit au fil de la plume et uniquement pour lui-même, ne manque pas d’un certain mérite littéraire. Si on n'y trouve pas, durant les premières années, une plume tout à fait exercée, on y remarque néanmoins une facilité d'expression et un certain coloris qui ne sont pas sans valeur.
C’est peut-être dans ce petit journal que l'on peut le mieux connaître ce qu'à été Zéphir: il s’y est révélé lui-même, et il s’y est révélé, pourrions-nous dire, avec la candeur de l'enfance, sans déguisement aucun, sans arrière-pensée.
Lorsqu'il traçait ces lignes, il était loin de penser qu'une main étrangère viendrait feuilleter ces pages, écrites le plus souven dans le silence
pese
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de la nuit, + n'ayant d'autre Confident que son bon ange. Qu'il veuille bien NOUS pardonner cette indiscrétion: ces Pages qui lui étaient chères nous les aimons nous aussi,
Nous allons donner ici des extraits des premières années. La dernière sera citée plus loin,
“11 mars 1889,
“ J'ai fait aujourd’hui la triste expérience de ce petit proverbe Que l’on devrait toujours avoir devant les JEUX : Nimis verborum NoOcel, — Ré. solutions.”
“24 mars 1889,
“ Le Révérend Père Gonthier, dominicain, fait à la cathédrale Un Magnifique sermon sur saint Joseph, et un autre dans l'après-midi sur « La Foi.” Bonnes résolutions.”
“ Jer avril 1889.
“Dès notre lever le beau soleil d'avril paraît À l'horizon et ses layons éblouissants viennent dorer les sombres murs de notre dortoir. Dès mon arrivée à l'étude, J'aperçois un agréable petit Poisson qui s'était introduit dans mon pupitre je ne sais trop Comment. Son Premier bonjour en m'apercevant fut de me Présenter une petite
À Il était assistant-reglémentaire, ce qui lui permettait de veiller quelque peu le soir,
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