‹ Vie, Destin, Mariage et Mort des Monstres DoublesChapitre 12 sur 14 · SEPARATION DES MONSTRES DOUBLES · texte numérisé non relu

SEPARATION DES MONSTRES DOUBLES

Nous avons vu, au cours de l’énumération des diverses formes et modalités de monstres doubles, quelles conditions anatomiques et physiologiques peuvent empêcher cette séparation.

Nous voulons ici énumérer simplement les monstres doubles sur lesquels une intervention a été tentée au cours du siècle dernier.

Nous avons vu l'intervention in extremis pratiquée sur les frères GODINO.

CHAPOT-PRÉVOST, que nous avons déjà cité, opéra en 1899 des thoracopages, et l’un des deux survécut un an, l’autre mourant presqu’immédiatement.

En 1881, BIAUDET et BUGNION séparèrent en deux Marie-Adèle. Mais aucun des deux doubles ne put survivre, la section d’un lambeau hépatique ayant provoqué une hémorragie violente, que rien ne put enrayer, et qui entraîna la mort des deux sujets.

DOYEN, en 1902, pratiqua une intervention hardie et scrupuleuse, mais à grands renforts de publicité et de photographes, sur la personne de Rapica et Doo- DICA. Malheureusement les deux êtres étaient l’un et Jautre tuberculeux, et l’un des deux, Doopica, dans

un état désespéré. Elle mourut quelques jours après la division du monstre, division admirablement réussie. Et si RApica ne survécut que quelques années, ce fut de tuberculose qu’elle mourut, et non des suites de l’intervention. e

Micxor et pu BoucHET tentèrent la même intervention sur les pygopages Marie-Anne et Anne-Marie. L'intervention comporta des délabrements du côté des méninges rachidiennes, qui intéressèrent spécialement l’une des deux sœurs, qui mourut rapidement. Quant à l’autre, elle survécut quelques années, et aucuns renseignements n’ont pu être rassemblés quant aux raisons de sa mort.

Enfin, nous devons citer l’opération tentée en 1914 par LE FILLATRE, qui procéda à la séparation de Suzanne-Madeleine, la première étant à l’époque dans un état mettant en danger la vie de sa sœur. Elle devait d’ailleurs mourir quelques jours après lintervention. Quant à Suzanne, revue en 1922 à l’âge de huit ans, elle semblait en parfaite santé. En 1937, il semble qu’elle était encore en vie, bien qu'aucune information n’ait pu être recueillie à ce sujet.

Il résulte donc que les interventions, très rares, tentées sur les monstres doubles survivant aux premières heures de la vie, sont, dans certains cas, possibles. Mais il faut que des conditions anatomiques de parfaite individualité permettent cette intervention, et ces conditions sont rarement réalisées. D’autre part, malheureusement, une autre condition empèêche souvent l’intervention du chirurgien, et celle-ci

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