‹ Vie du bienheureux Alphonse-Marie de LiguoriChapitre 14 sur 56 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Alphonse favorisé (Tun miracle.

Au mois de mars 1731 , un violent tremblement de terre causa d'affreux ravages dans la Fouille et aux environs : la consternation et la terreur y fu-

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rent extrêmes. Les évêques crurent devoir fléchir la colère de Dieu en rappelant les peuples à la pénitence. Ils firent venir pour cet objet des missionnaires de divers corps , et entre autres ceux de la Propagande, parmi lesquels se trouvait Alphonse , qui prit la plus grande part à leurs travaux. Les villes de Bari , de Lecce , de Nardo reçurent ces hommes apostoliques , et partout il y eut des conversions éclatantes et nombreuses.

La ville de Foggia , capitale de toute la Fouille , avait été presque ensevelie sous les décombres ; l'église collégiale surtout avait été totalement ruinée ; cette église possédait un antique et miraculeux tableau de la sainte Vierge ; le temps en avait effacé toutes les couleurs , mais on ne le conservait pas moins avec autant de soin que de vénération ; il était tout couvert d'une lame ou feuille d'argent , à l'exception de la partie qui répondait à la tète ou l'on avait mis une glace sous laquelle se trouvaient plusieurs voiles , d'où était venu le nom de Vierge des sept voiles, ou de vieille image. A la suite des tremblemens de terre , le tableau miraculeux fut transporté dans l'église des Capucins , où par l'effroi des secousses continuelles^ le peuple ne cessait d'aller se réfugier sous la protection de la sainte Vierge. La foule était immense lorsque, à la partie où était l'ouvertureovaledu tableau, le visage de la sainte Vierge se montra tout-à-coup sous les traits nouveaux d'une jeune personne qui, par ses regards

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lendremenl fixés sur les habilans de Foggia , semblait compatir à leur malheur et vouloir les consoler. Ce prodige, renouvelé pendant plusieurs jours, fil bruit dans la contrée, et les missionnaires de la Propagande voulurent s'en assurer par leurs propres yeux ; ils vinrent à Foggia avec Alphonse , à qui le souvenir de monseigneur Cavalieri , son oncle, valut l'accueil le plus distingué. Dans l'épouvante générale , on se croyait toujours à la veille d'un nouveau désastre, et notre saint fut prié par l'évêque de commencer une neuvaine en l'honneur de la sainte Vierge, pour écarter ce fléau: il fut obligé de se rendre aux instances qu'on lui fit. Bientôt l'église où se trouvait le tableau miraculeux ne fut plus suffisante, à cause du grand concours de gens qui allaient entendre Alphonse. La plus grande partie de la foule était forcée de rester dehors , et pour mettre tout le monde à portée d'entendre le prédicateur , on établit la chaire sur la porte de l'église , et l'on plaça le tableau vis-à-vis. Les fruits de cette neuvaine furent extraordinaires , et ce ne fut pas assez des prêtres nombreux de Foggia pour recevoir les confessions des convertis.

Cependant un soir, tandis que tout le peuple était sorti , Alphonse ne pouvant contenir les transports de sa dévotion , monta sur l'autel pour examiner le tableau déplus près ; en s'a^oprochant, il entra en extase : ce fut une vision de la sainte Vierge, qui, pendant plus d'une heure , lui apparut sous

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des Irails admirables. Quand il fuldescendadeTau- Icl , il chanta V^ve maris Stella avec plus de trente personnes, soit prêtres, soit laïques, qui se trouvaient dans Téglise. Le lendemain il donna à un peintre l'idée de ce qu'il avait vu , et en fit exécuter nn tableau qui se conserve encore dans la maison de Ciorani.

Quelques jours après , à mesure que, prêchant sur le patronage de la sainte Vierge, il n'avait dans la bouche que des paroles d'amour et de confiance envers cette bonne mère , la télé de l'image miraculeuse se découvre , et il s'en détache un rayon de lumière trés-éclatant qui vient se réfléchir sur le front du pieux missionnaire. A celte vue , ce ne fut qu'un cri d'admiration dans l'assemblée : miracle ! miracle î entendait-on de tous côtés , et chacun en versail des larmes d'attendrissement, au point que, ■vivement frappées de ce prodige , des femmes de mauvaise vie qui étaient présentes , firent aussitôt éclater leur repentir de la manière la plus extraordinaire. En 1777 , Alphonse fut contraint de délivrer un certificat de ce miracle (1) à la requête de

(1) Voici ce certificat tel qu'on le trouve dans des mémoires écrits, peu de temps après la mort du saint , pai- des Pères de sa compagnie.

u Alphonsus- Maria de Liguorio , episcopns Sanctœ-Agalhœ » Gothorum et reclor major congregalionis sanctissimi Redemp- » toris :

» Dniversis , et singulis lias nostras inspectmis ac lecturis , » notum daciraus, atque cum jurameuto in verbo veritalis lesla-

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