CHAPITRE V
Biens spirituels procurés par le bienheureux Alphonse aux environs df Amalphi et de Scala.
Au retour de celte mission , Alphonse , épuisé de fatigue, tomba dangereusement malade. Quand il fut mieux, on lui conseilla , pour qu'il achevât de se rétablir , d'aller avec quelques-uns de ses confrères respirer l'air plus pur de la côte d'Amalphi. II ne se refusa pas à cette proposition ; mais il n'alla pas chercher le repos , et il se voua sans ménagement à l'instruction des habitans de ces contrées et à tous les travaux de son ministère. Le grand bien qui en résulta fit naître au vicaire général de Scala l'idée de lui proposer d'aller s'établir avec ses confrères à un ermitage dit de Sainte-Marie-des-Monts,
el situé sur une montagne où il trouverait un meilleur air encore, et sérail plus à portée de travailler ^i la sanctification des peuples de ces pays. Le zélé missionnaire accepta celle offre , et fut se loger avec ses compagnons dans une petite maison Irés-incommode el à moitié ruinée : ils y vécurent , comme de vrais anachorètes , dans toute sorte de privations et dans les pratiques d'une austère pénitence ; ils ne s'y livrèrent pas moins avec la plus grande activité au soin d'instruire dans la religion un peuple pauvre et grossier, qui était dispersé çà et là sur des rochers escarpés el dans les hameaux du voisinage. Pour satisfaire leur piété et se trouver à même d'administrer la sainte communion aux peuples , ils avaient obtenu la permission de garder le très-saint Sacrement dans leur église ; mais comme il n'y avait point de labernacle , il fallut le laisser sur l'autel ; ce qui fit qu'ils établirent l'adoration perpétuelle de la nuit et du jour : ils venaient tous passer successivement dans l'église un certain temps en prière. L'abandon presque général dans lequel Alphonse eut alors occasion de reconnaître que vivaient les habitans des campagnes le toucha d'un sensible chagrin ; il lui en resta une impression profonde dont la Providence , qui la lui avait ménagée, se servit dans la suite pour l'exécution des grands desseins dont elle voulait que ce digne ouvrier évangélique fût l'instrument.
Cependant, sur l'invitation deTévéque de Scala,
Alphonse prêcha à la cathédrale le jour de roclave de la Fêle-Dieu : il donna ensuite un second sermon dans Péglise des religieuses du Irés-sainl Sauveur, que Ton nomma plus lard du très-saint Rédempteur , el il promit alors à ces dames qu'il viendrait dans peu de temps leur donner les exercices spirituels.
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