‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 106 sur 149 · DE PLUSIEURS AMES DANS LE CIEL · texte numérisé non relu

DE PLUSIEURS AMES DANS LE CIEL

seul instant de récréation , et n'était pas sorti une seule fois de la maison dans l'intention de prendre l'air. Après la mort de ce bon religieux , Alphonse , fidèle à la règle , récitait pour le repos de son âme les trois chapelets d'usage dans la compagnie : comme il commençait le troisième , il fut ravi dans le ciel . et aperçut le frère Ruiz à côté de la très-sainte Vierge , jouissant de la gloire éternelle. Il hésitait s'il continuerait sa prière ; mais Marie lui déclara que le frère Ruiz n'en avait pas besoin , et qu'il ferait beaucoup mieux de l'invoquer pour lui-même. La Reine du ciel lui permit en même temps de raconter aux autres religieux ce qu'il avait vu.

Alphonse avait eu des rapports très- intimes avec le R. P. J. Rico pendant qu'il était recteur à Majorque : ce Père était d'une très-grande vertu , comme le prouvera le fait suivant. Etant allé prêcher un jour dans un couvent de la ville, l'église se trouva remplie d'une grande multitude, attirée par la réputation du prédicateur : le P. Rico s'exprima en castillan avec une très-grande pureté de langage. Après le sermon , Alphonse , qui lui servait de compagnon , entendit que l'on murmurait en sortant de l'église contre le Recteur parce que le castillan n'est pas bien compris à Majorque du menu

Page 1