DIEU LUI FAIT CONNAITRE, ETC
retirées entièrement du monde , et ne sortant jamais de leur maison que pour aller à l'église. Alphonse les aimait avec tendresse non-seulement à cause des liens du sang qui les unissaient à lui , mais surtout à cause de leur éminente vertu. Il leur avait écrit plusieurs fois pour les animer à marcher toujours avec plus de ferveur dans la route de la perfection , et Dieu lui avait promis qu'elles iraient droit au ciel après leur mort , sans avoir à subir aucune peine dans le purgatoire.
Antoinette mourut la première au mois de juillet, et Julienne la suivit quelques mois après, avant obtenu du Seigneur de ne pas survivre longtemps à une sœur qui lui était si chère. On leur fit à Ségovie de magnifiques funérailles , et leur mémoire fut longtemps en bénédiction dans cette ville.
Alphonse désirait beaucoup recevoir du Ciel l'assurance de leur bonheur; il fut exaucé. Elles se montrèrent un jour à lui revêtues de robes tissues d'or , au milieu d'une grande lumière , et à genoux devant l'Agneau , époux des vierges : la joie qui brillait sur leur visage communiqua un contentement ineffable à leur saint frère , et elles lui donnèrent à entendre en même temps que sous peu d'années , elles auraient la consolation de le voir associé à