TERRIBLE COMBAT
d'en haut ne lui manquerait pas clans une occasion si périlleuse ; à cet avertissement , le généreux Alphonse s'offre de nouveau à tout souffrir pour son Seigneur et son Dieu.
Le moment de déployer toute sa constance ne tarda pas à venir : la nuit suivante Alphonse voit entrer dans sa chambre une foule de démons revêtus des formes les plus monstrueuses ; ils l'entourent avec des hurlements et des rugissements affreux , cherchant de plus à l'effrayer par les plus terribles menaces; mais bientôt s'apercevant que le soldat de Jésus-Christ ne s'étonne pas de ces vaines démonstrations , ils le saisissent , le frappent , le déchirent et mettent tout son corps en lambeaux.
Pendant cette cruelle exécution, le saint Religieux , calme et tranquille , se contentait de répéter les noms sacrés de Jésus et de Marie : son intrépidité remplit ses cruels ennemis d'une rage inexprimable ; ils se retirèrent en frémissant; forcés de convenir qu'ils étaient vaincus cette fois , mais promettant de revenir bientôt au combat avec plus de fureur que jamais.
En effet , peu de jours après ils reparurent au milieu des ténèbres de la nuit , mais dans un appareil dont l'aspect seul avait de quoi glacer de frayeur l'âme la plus intrépide ; ils portaient dans leurs mains des fouets , des peignes de fer,
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des crocs , des lames ardentes et tous ces instruments que la cruauté des anciens persécuteurs employa autrefois contre les martyrs de la primitive Eglise. S'élant jetés sur le saint vieillard, ils l'entraînèrent hors de son lit, retendirent sur le plancher, et se mirent à le tourmenter a\ec une barbarie digne de ces bourreaux de l'enfer. Il semblait au Bienheureux qu'on lui enlevait les chairs , qu'on brisait ses os , et que ses entrailles étaient déplacées par la violence des supplices. Comme sa fermeté demeurait inébranlable , celte troupe forcenée , sentant croître sa fureur en même temps que la victime faisait paraître plus de constance, chercha quelque invention plus cruelle encore , et se mil à brûler le saint frère à petit feu. Ce n'était point le feu matériel d'ici-bas qu'on employait contre l'invincible Alphonse , mais une flamme si active et si pénétrante , qu'après avoir quelque temps résisté à la violence de la douleur, le Bienheureux sentit ses forces défaillir, et se \it oblicé de demander au Ciel de mettre fin à celte horrible lorlure. Le secours ne se fît pas longtemps attendre, et les démons disparurent. Dieu guérit en même temps toutes les plaies de son serviteur , en sort-} qu'il ne resta sur son corps aucune trace des barbares traitements qu'on lui avait fait subir. Alphonse bénit mille ibis la
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