PREMIER MIRACLE APPROUVÉ
ment impossible. Cependant on obéit : alors le Père prenant la relique (c'était un morceau du manteau et de la chemise d'Alphonse) : « Madame , dit-il à la mourante , voici une relique du frère Alphonse ; recommandez -vous à lui , et il vous obtiendra la santé. » A peine une minute s'était écoulée , et la malade dit deux fois avec effort et d'une voix sourde : Jésus ! Jésus ! Puis elle cria avec force : « Je suis guérie et en parfaite santé. » Ce cri fut entendu des personnes qui attendaient dans la chambre voisine , et , croyant que c'était un effet du délire et un dernier effort de la nature expirante , elles rentrèrent à l'instant : une dame, nommée Marguerite Serdana , s'approchant du lit , demanda à Antonine comment elle se trouvait : « Madame, répondit-elle , je suis très-bien , grâce au Seigneur. — Oui , reprit l'autre , nous serons très-bien dans le ciel. — Vous ne me comprenez pas, reprend vivement la miraculée, ne croyez pas que je sois dans le délire , je parle sérieusement ; cette relique du frère Alphonse m'a guérie , et je n'ai jamais été en meilleure santé qu'à présent. » A ces mots on se presse autour de la dame , et . chacun s'assurant par ses propres veux de sa parfaite guérrison , or. n'entendit bientôt plus dans la chambre que des exclamations de joie et de surprise,
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qui firent place ensuite à un concert de bénéditions et d'actions de grâces , toutes les bouches se répandant en louanges sur les miséricordes du Seigneur et le pouvoir du Bienheureux. En un instant la nouvelle du prodige fut portée dans toute la ville, et parvint aux oreilles du médecin et du chirurgien de la dame : ils accoururent pour s'assurer de la vérité du fait ; en entrant le docteur demande à Antonine : « Avez-vous pris le cordial que je vous avait prescrit? — Non, » dit-elle. Après avoir gardé quelques moments un silence d'étonnement , le médecin se ravise , et ordonne que l'on tienne prêts en cas d'accident les remèdes qu'il a indiqués, ne pouvant croire que la guérison fût constante. Il revint plusieurs fois dans la journée, et vit de ses yeux le lendemain matin sa malade se lever , sortir et se rendre à l'église de Sion (c'était celle des Jésuites) , où elle communia, et satisfit sa piété sans éprouver la moindre fatigue. Alors les docteurs ne doutèrent plus du miracle , et tous les deux attestèrent dans le procès que cette guérison ne pouvait en aucune manière s'expliquer naturellement. Le chirurgien en particulier déclara que quand même Antonine Blanquer ne serait pas morte de celte maladie , il lui aurait fallu au moins six mois , d'après l'ordre de la nature »