CÉRÉMONIES DE SA BÉATIFICATION
du château Saint-Ange ayant donné le signal , toutes les cloches de la ville se firent entendre pendant qu'on chantait le Te Deum. M. Filomardi, archevêque d'Athènes , récita ensuite l'oraison propre du Bienheureux , et célébra la messe solennelle. Dans la soirée, le saint-Père se rendit à l'église du Vatican , assisté de dixsept cardinaux et des prélats de la chambre. Après avoir fait sa prière devant l'autel du Saint-Sacrement et devant celui de la sainte Vierge, le Souverain Pontife alla vénérer l'image du bienheureux Alphonse Rodriguez , et admit ensuite le P. Fortis , général de la compagnie de Jésus , et le P. Zauli , qui eurent l'honneur de présenter à Sa Sainteté un exemplaire de la vie du héros chrétien. Cette journée fut remarquable par le concours et la piété des fidèles , et le soir une brillante illumination décora la façade de l'église du Jésus.
Cette cérémonie s'est bientôt renouvelée dans toutes les églises qui en avaient reçu l'autorisation du Siège apostolique , et spécialement à Rome, a Majorque et à Sègovie. La France n'a pas été étrangère aux honneurs rendus au Bienheureux , et , avec la permission de l'Ordinaire des lieux, on a célébré sa béatification dans plusieurs diocèses. Ces saintes solennités , en faisant connaître Alphonse , ont
donné aux fidèles un nouveau proiecteur , et sont devenues l'occasion de plusieurs prodiges. Ce sera sans doute prévenir le désir du lecteur que d'entrer ici dans quelques détails , puisqu'il s'agit de merveilles opérées en France ; nous ne ciierons aucun fait dont nous n'ayons lu les preuves authentiques , et qui ne puisse être constaté par un grand nombre de témoins oculaires ; d'ailleurs , les personnes qui ont été l'objet de ces grâces surnaturelles vivent encore à présent.
La fête de la béatification d Alphonse fut célébrée dans le petit séminaire de Saint-Louis à Aix le 1 6 janvier 1826. Il y avait dans cet établissement un prêtre âgé de trente ans, et réduit depuis treize mois à l'état de santé le plus déplorable : sa maladieétait une vomique ouverte, qui avait succédé à une pulmonie aiguë. Après avoir passé entre les mains de plusieurs médecins dont les soins étaient demeurés sans succès , le malade fut envoyé de Paris à Aix : on espérait que l'air du midi lui serait plus favorable. Le docteur de ia capitale qui le traitait , et dont la capacité est suffisamment reconnue , ne conservait aucun espoir de sa guérison lors de son départ. La fatigue du voyage ayant aggravé son mal , il fut positivement condamné dès son arrivée en Provence. Le médecin d'Aix