CN L'HONNEUR OU B. ALPHONSE RODRIGUEZ
Au sein de la troupe immortelle Je vois briller de nouveaux feux ; Dans cette pompe solennelle Quel objet vient frapper mes yeux ?
C'est Alphonse, enfant de Marie, Heureux disciple de Jésus :
Le ciel , qui devient sa patrie, Veut que nous chantions ses vertus.
Le monde en vain par ses promesses
Voudrait arrêter son essor ;
Son cœur ne voit plus de richesses
Qui puissent l'éblouir encor :
Il prend un Dieu pour son partage ;
Sa grandeur est l'humilité,
La pauvreté son héritage ,
Et la croix sa félicité.
A peine entré dans la carrière Qu'on vient d'ouvrir à sa ferveur, Il suit à grands pas la bannière Qui porte le nom du Sauveur :
La Reine des deux le contemple Avec un sourire maternel, Lorsqu'il répand dans le saint temple Son âme au pied de son autel.
Héros chrétien par sa constance , Il unit dans l'obscurité La palme de l'obéissance Et le lis de la chasteté :
De l'enfer épuisant la rage , 11 triomphe de mille assauts , Et Dieu témoin de son courage Va mettre un terme à ses travaux
Mais quelle étonnante conquête !
Vingt peuples soumis à la croix î Vous parlez , ô nouveau Prophète î Gaver s'élance à votre voix :
Son zèle enflammé par le vôtre Peut convertir un monde entier ; Les Nègres auront leur Apôtre , Et l'Amérique son Xavier.
0 vous qui régnez dans la gloire !
Daignez aujourd'hui nous bénir :
Vous goûtez en paix la victoire ; Nous combattons pour l'obtenir.
Nous vous appelions notre frère ; Devenu notre protecteur, Rendez -nous propice une Mère Dont l'amour fait votre bonheur.