‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 15 sur 149 · POUR LE DÉTOURNER DE SA VOCATION · texte numérisé non relu

POUR LE DÉTOURNER DE SA VOCATION

l'intention do consulter son père spirituel. Le P. Santander , ayant entendu de sa bouche ce qui s'était passé , s'écria : « Je crains bien , Alphonse, que vous ne vous perdiez. » — « Et pourquoi ?» demanda celui-ci avec étonnement. « Farce que , reprit le Père , je vois que vous vous exposez à suivre plutôt vos idées que les conseils de votre directeur , et en agissant ainsi vous êtes assuré de votre perte. » Alphonse fut si frappé de ces paroles que , se levant de son siège et se jetant aux pieds de son confesseur : « Ali ! mon père, lui dit-il, je suis résolu de ne plus suivre mes propres idées ; disposez de moi comme il vous plaira.» Depuis ce temps il n'écouta plus que les conseils de celui que Dieu lui avait donné pour guide, et il ne tarda pas, d'après ses avis, à entrer dans la compagnie de Jésus , à laquelle il se reconnut clairement appelé. Si l'on demande ce qu'était l'ermite prétendu , tout ce qu'on peut conjecturer de plus probable , c'est que le démon, sous la 6gure d'un écolier, avait voulu entraîner Alphonse loin de la roule que Dieu lui traçait. Telle fui l'opinion du Bienheureux , et ce qu'on va lire contribua beaucoup à le confirmer dans cette pensée. La nuit qui précéda son entrée en religion , comme il reposait dans un appartement au rez-de-chaussée , il entendit tout à coup à la pointe du jour frapper

ALPHONSE BMTftE KM RELIGION.

rudement aux croisées de sa chambre : les ayant ouvertes , ii aperçut , à son grand étonnement , son ermite qui d'un air furieux l'accabla de reproches, l'accusant de manquer à sa parole, et lui commanda de retourner au plus tôt à Saint-Matthieu pour prendre possession de l'ermitage. Alphonse , effrayé , ne lui répondit qu'en fermant précipitamment la fenêtre. Comme il n'avait pas communiqué son dessein , que l'ermitage était fort éloigné , et qu'il n'entendit plus parler de ce singulier ami, il ne put douter que l'ennemi du salut ne fut l'unique artisan de cette trame : heureux d'y avoir échappé par la méfiance de lui-même et ia soumission au directeur de sa consciei

Après avoir pesé mûrement les raisons qui le portaient à embrasser la vie religieuse suivant l'institut de saint Ignace, Alphonse, fort de la décision de son confesseur , se présenta au P. Antoine Cordèses , Provincial d'Aragon, qui se trouvait alors à Valence : c'était un homme de Dieu en qui la sagesse et la maturité étaient rele\ées par des lumières surnaturelles. Il examina avec le plus grand soin la \ocation d'Alphonse, l'interrogea sur son intérieur, et demeura persuadé que la volonté de Dieu était qu'il fût admis dans la compagnie. Deux obstacles s'opposaient encore à l'accomplissement

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