‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 25 sur 149 · SES SENTIMENTS SUR L'HUMILITÉ · texte numérisé non relu

SES SENTIMENTS SUR L'HUMILITÉ

gnage aux grandes choses que la grâce avait failes en lui. Sans cet innocent artifice dont on usa envers l'humble religieux , on n'aurait eu qu'une idée très- imparfaite des dons surnaturels qui furent la récompense de sa sainteté, puisqu'il avait passé plus de trente ans en religion sans que personne, à l'exception des guides de sa conscience, pût soupçonner qu'il se passât rien en lui d'extraordinaire.

C'est dans ce compte fidèle qu'Alphonse rendit à ses Supérieurs des plus intimes sentiments de son âme qu'on voit ce qu'il pensait de l'humilité ; nous transcrivons ici ses propres paroles : « Oh ! que l'humilité , dit-il , est grande et précieuse devant Dieu ! Quand une âme vraiment humble fait quelque bien, elle remonte promptement au principe d'où il part, reconnaissant qu'elle ne peut rien sans le recours du Seigneur, et ne sattribuant jamais que le mal en toutes ses œuvres. Je tremble , ajoute-t-il , lorsque je pense avec quelle subtilité l'orgueil pénètre dans le cœur de l'homme ! Malheur à ceux qui sont honorés et à qui tout réussit , quand même ils seraient des saints! bienheureux au contraire celui qui combat contre la tentation , qui lutte avec la douleur et qui marche au milieu des afflictions ; car lorsque Dieu \eut donnera une âme un sûr moyen d'acquérir l'humilité , il la

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