SA PUNITION
mais au lieu de changer de conduite, il répondait avec un rire moqueur que toul cela était fort indifférent à Alphonse puisqu'il ne sentait rien , et il n'en montrait que plus d'acharnement contre lui. Le Ciel permit que les Supérieurs ne fussent pas instruits de ce qui se passait ; ils prenaient pour les rides de la vieillesse les cicatrices que le rasoir laissait sur les joues d'Alphonse : et par une disposition secrète de la Providence , de deux barbiers qui étaient employés dans la maison , if n'y eut jamais que son persécuteur qui se trouvât libre au moment où il se présentait. Il ressentait une joie secrète d'avoir une si belle occasion de souffrir ; et quand le cruel jeune homme avait épuisé sur lui toutes les inventions de sa malice , Alphonse se levait tranquillement , le remerciait avec affection , et allait à l'église , avec son visage tout découpé . prier pour l'auteur de ces indignes traitements. Le malheureux ne tarda pas à porter la peine de sa faute ; un de ses ennemis lui fit au bras qui avait été l'instrument de sa barbarie , une blessure qui le rendit incapable d'exercer jamais sa profession. Mais ce ne fut pas le seul châtiment qu'en tira la justice divine , car elle le poursuivit en Italie, où il s'était réfugié , et il y fut tué dans une querelle. On remarqua cependant qu'il avait pu recevoir les