EN LA PRÉSENCE DE DIEU
expliquer lui-même au bon frère le sens de cette inscription. Depuis ce temps la vue d'une dévote peinture élevait sur-le-champ ses pensées et >on cœur vers le ciel, et plus d'une fois il n'en fallut pas davantage pour le faire entrer en extase.
Dans une de ses maladies , le médecin jugeant que son application aux choses spirituelles contribuait à la fatigue qu'il éprouvait , lui fil interdire par le supérieur tous ses exercices «le piété, excepté la récitation de son rosaire. Le Saint obéit ; mais après avoir lutté vainement pendant une nuit entière contre le sentiment de la présence divine (il lui avait encore été enjoint de se distraire de Dieu autant qu'il le pourrait) , et cette présence le remplissant malgré lui , il se trouva si épuisé , le matin , de ses efforts qu'on fut obligé de révoquer la défense qu'on lui avait faite.
Si l'esprit de prière accompagnait partout le fervent religieux , c'était ordinairement dans le temps consacré à l'oraison que sa contemplation était plus sublime ; lorsqu'il ne faisait qu'entrer encore dans la carrière spirituelle , il ne connaissait que la prière vocale : nous avons eu occasion de raconter combien la sienne était parfaite i et quelles grâces il recevait du Ciel dans ce saint exercice. Mais lorsqu'il fut initié à tous
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les secrets de la vie intérieure . il se donna tout entier à l'oraison mentale. Sa profonde humilité le porta très-longtemps à ne s'y occuper que de ses fautes ; cette considération le faisait fondre en larmes, et la contrition lui arrachait souvent de longs gémissements. Le Seigneur voulut enfin tempérer cette vive douleur par la plus douce et la plus consolante assurance : pendant qu'il était en oraison , s'excitant au repentir le plus vif de ses péchés, il lui sembla tout à coup qu'il se trouvait entre deux mers immenses dont les eaux le couvraient de toutes parts , et il connut que c'était d'un côté l'océan de sa componction, et de l'autre celui des miséricordes divines ; et comme ii s'efforçait d'inspirer a son Dieu une compassion dont il se croyait indigne, une voix céleste lui répéta distinctement par trois fois : o Sois sans inquiétude ; les péchés le sont déjà pardonnes. r> Il avoua lui-même que jamais il n'avait éprouvé de consolation égale à celle qui inonda son cœur dans cet heureux moment.
Cependani la confiance d'Alphonse eut encore à essu\ cr quelques orages ; mais ces nou- \eiles épreuves furent suivies de nouvelles assurances plus précieu-es que la première : comme te Bienheureux se préparait à s'approcher de fa sainte table , il lui revint à l'esprit je ne sais quelle faute de sa vie passée, légère