IL SE RÉSOUT A MOURIR PAR OBÉISSANCE
blés, criant qu'on ouvre sur-le-champ à son Excellence. Alphonse , sans s'émouvoir de tout ce fracas , prit le temps d'avertir le Supérieur, qui accourut aussitôt, et se confondit en excuses auprès du Vice-Roi ; mais ce seigneur, qui avait de la piété, ayant appris que la ponctuelle obéissance d'Alphonse avait causé ce retard , en témoigna la plus grande admiration pour la vertu du saint portier , et conçut pour lui la plus haute estime.
Il en coûta bien plus une autre fois à Alphonse pour avoir suivi les ordres qu'il avait reçus , et c'est sans doute ici l'épreuve la plus rude à laquelle fut mise son obéissance. 11 était malade , et un médecin qui le visitait lui prescrivit certain remède absolument contraire à son mal : à peine Alphonse l'eut— il pris , qu'il éprouva les accidents les plus fâcheux , et se trouva même en danger de perdre la vie. Dieu la lui conserva cependant par une protection toute spéciale; mais quelque temps après, le docteur, qui n'attribuait pas à l'effet du remède le danger qu'avait couru Alphonse , le lui prescrivit encore dans un cas semblable au premier; et le Recteur du collège , qui ne pouvait agir que d'après les conseils du médecin qu'il croyait habile, ordonna posilivement au saint malade de prendre encore une fois le fatal mé-