IL SE RÉSOUT A MOURIR PAR OBÉISSANCE
dicament. Alphonse , qui savait fort bien qu'il était la cause de l'extrémité à laquelle il avait été réduit , ût de grand cœur le sacrifice de sa vie ; il lui vint cependant en esprit que ce serait peut-être un péché de s'exposer presque certainement à la mort sans avertir son Supérieur, et pour s'en éclaircir il consulta Dieu. Le Seigneur lui fit connaître que pour imiter parfaitement Jésus-Christ mourant par obéissance, il devait se conformer à l'ordre qu il avait reçu : mais comme le bon religieux se disposait à le faire , il recouvra subitement la santé , et n'ayant plus dès lors besoin des secours de l'art , il remercia son bon Maître , qui l'avait préservé de ce nouveau péril en lui laissant tout le mérite de son sacrifice.
C'est ainsi qu'Alphonse parvint au plus sublime degré de la perfection religieuse , et l'on peut dire sans craindre de trop s'avancer, que le Ciel a eu un dessein tout particulier en permettant que le Bienheureux fût proposé de nos jours à la vénération et à l'imitation de tous les fidèles du monde chrétien : il voulait confondre par les exemples d'une obéissance héroïque, dans un siècle où Ion ne parle que d'indépendance, ces partisans dune liberté antisociale, qui voudraient briser à la fois le joug de la Religion , le sceptre des rois , et jusqu'au frein de l'autorité paternelle.
SDlïIffl&IIIBEg DU LIVRE SECOND,
Science d'Alphonse dans les choses spirituelles. — Il répond aux difficultés d'un étudiant en théulogie. — Il est chargé de former aux vertus de leur état les coadjuteurs novices. — Un grand nombre de jeunes gens lui doivent leur vocation religieuse. — 11 inspire le mépris du monde au docteur Yalperga. — Heureux succès de son zèle auprès de quelques étudiants. — Pierre Gaver arrive à Majorque ; ses rapports avec Alphonse. — L'estime qu'il en fait. — Alphonse se rend utile à diverses classes de personnes. — Il s'intéresse auprès de Marie pour deux prédicateurs ; grâces extraordinaires qu'il obtient à l'un d'eux. — Alphonse fait cesser par ses prières des divisions intestines. — Il obtient la conversion d'un grand pécheur. — Zèle d'Alphonse. — Vénération qu'on a pour sa vertu. — Sa charité. — Il s'emploie auprès des pestiférés. — Le royaume de Majorque est redevable de son salut au saint frère pendant une famine. — Plusieurs particuliers trouvent auprès de lui une ressource dans leurs besoins. — Alphonse guérit un jeune homme des écrouelles.
— Plusieurs autres guérisons miraculeuses. — Guérisoo remarquable du P. Torrens. — Guérison de don Jacques Bastard. — Autres guérisons opérées par divers objets qui avaient été à l'usage d'Alphonse. — Un jeune religieux est délivré d'une tentation fâcheuse par les mérites d'Alphonse.
— Le docteur Collado échappe à des corsaires. — Evénement singulrer que raconte le saint frère. — Le don de prc-