‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 68 sur 149 · AU DOCTEUR VALPERGA · texte numérisé non relu

AU DOCTEUR VALPERGA

gneurs de Naples , et entre autres du Vice-Roi , et comme on y faisait un magnifique éloge de son mérite, il se croyait bien assuré de réussir. Ayant eu occasion de voir Alphonse , le docteur entra en conversation avec lui ; il lui communiqua ses projets et ses espérances. Alphonse l'écoute patiemment , et , prenant ensuite la parole , il commence par discourir avec force sur la vanité du monde , de ses biens et de sa félicité , montrant que ses promesses sont trop souvent trompeuses , et qu'il n'y a rien de plus commun à la cour que les ambitions déçues et les projets de fortune renversés. « Le mérite lui-même , ajoute-il , n'est pas à l'abri de ces revers ; et d'ailleurs , quand on parviendrait au terme où l'on aspire , on ne trouve jamais ce qu'on avait attendu , et il n'y a dans les distinctions les plus honorables que dégoûts secrets , inquiétudes continuelles, désirs insatiables. Comme on n'est point satisfait de ce qu'on possède , on se consume en vains efforts pour monter plus haut , et la mort vient mettre fin aux agitations d'une vie qui s'est passée tout entière dans le trouble et dans la fatigue. Il n'en est pas ainsi des biens célestes ; pour les obtenir il suffit de le vouloir , on ne les perd jamais une fois qu'ils sont acquis , et c'est là seulement que l'homme trouve la paix véritable et

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