POUR DEUX PRÉDICATEURS
de très-grands progrés dans la perfection : on s'en aperçut bientôt dans son auditoire , quoiqu'il fut très-suivi auparavant; et que ses sermons fussent utiles à bien des personnes ; ce n'était rien auprès des conversion- étonnantes qu'il opéra dans la suite ; en sorte que ses prédications, remplies d'un feu divin , triomphaient des pécheurs les plus endurcis. A dater de cette époque , il s'établit entre lui et le saint frère des communications très-intimes , et Alphonse , lui demeurant très-affectionné , lui donna une part spéciale dans ses prières , qui furent utiles à la santé du Père aussi bien qu'à son âme ; car celui-ci se trouvant au commencement d'un carême très-incommodé d'un catarrhe qui l'empêchait de monter en chaire, Alphonse fit si bien auprès de la sainte Vierge qu'elle lui apparut et lui dit : « Ne t'ai— je pas assuré que j'ai mis ce Père sous ma protection ? de quoi t'inquiètes-tu donc ? Son indisposition ne l'empêchera point de prêcher. En effet , lorsque le mal était dans toute sa violence, il cessa en un moment , et le prédicateur put fournir toute sa carrière. Une autre fois le même Religieux , éiant éloigné de Majorque , éprouva des maux de tête si violents qu'ils le rendaient incapable des fonctions apostoliques. Alphonse le sut , et s'adressa au Ciel avec ardeur pour en