‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 75 sur 149 · A DIVERSES CLASSES DE PERSONNES · texte numérisé non relu

A DIVERSES CLASSES DE PERSONNES

naient en classe au collège, n'avaient pas moins de part h la charité du bon frère ; il leur enseignait la doctrine chrétienne , leur inspirait un tendre amour pour la Reine des vierges , et leur suggérait de petites pratiques de piété proportionnées à leur âge et à leurs besoins.

Enfin , il s'employait avec un zèle égal auprès des pauvres qui venaient demander l'aumône à la porte du collège , et dans le catéchisme qu'il leur faisait il mêlait les réflexions les plus justes aux plus pathétiques exhortations.

Une autre industrie qu'employait le saint homme pour contribuer, autant qu'il était en lui, au salut du prochain, c'était la ferveur avec laquelle il s'adressait à Dieu pour l'intéresser au succès des prédicateurs et des autres ouvriers évangéliques : s'apercevant que le peu de fruit qu'on fait des âmes, vient trop souvent de ce qu'en prêchant l'Evangile on ne s'étudie pas toujours assez à prêcher d'exemple , il demandait instamment à Dieu pour ses ministres les vertus qui font les apôtres, et le conjurait de les rendre puissants en œuvres et en paroles. Alphonse ne négligeait pas , quand l'occasion s'en présentait , d'insinuer à ceux des religieux de la maison qui s'employaient dans les fonctions du saint ministère , que le moyen le plus efficace de sanctifier les autres était de travailler

132 il s'intéresse auprès de marie,

d'abord à sa propre perfection. Ce qui lui arriva dans une de ces circonstances est trop digne de remarque pour ne pas le rapporter ici.

Deux Pères avaient été chargés de prêcher le carême, et Alphonse les avait recommandés très-particulièrement à Jésus et à Marie. La très-sainte Vierge lui Lit connaître que conformément à ses désirs , elle avait placé ces deux religieux sous sa protection , ce qu'elle lui donna à comprendre en lui montrant qu'elle tenait les mains étendues sur la tète des deux Pères, Le divin Sauveur lui déclara de son côté que leurs prédications opéreraient de trèsgrands fruits dans les âmes. Mais ce n'était pas assez pour Alphonse ; il remarqua que l'un des Pères, qui avait les plus rares talents, ne produisait pas tout l'effet qu'on devait raisonnablement attendre de ses discours : il revint donc à !a charge avec encore plus d'instances , et il lui fut dit dans la prière que si ce religieux voulait obtenir des succès semblables à ceux des Saints de l'Eglise primitive , il devait s'affermir comme eux clans l'humilité et dans toutes les vertus solides. Alphonse , après avoir reçu plusieurs fois cette réponse . consulta le Supérieur , et , d'après ses conseils , il fit part au prédicateur de l'avertissement céleste. Le Père reçut parfaitement cet avis, et en profita si bien qu'il fit

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