‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 91 sur 149 · GUÉRISON REMARQUABLE · texte numérisé non relu

GUÉRISON REMARQUABLE

Alphonse , et en même temps il s'informe d'elle si elle a d'autres enfants. — Non , répond la mère , je n'ai que celui-ci , et voilà ce qui me rendrait inconsolable de sa perte. » Alors le saint vieillard, faisant sur l'enfant le signe de la crois : « Allez , dit-il à la mère , votre fils ne mourra pas de celle maladie. » A ces paroles , la fièvre avait disparu, et le petit Barlhélemi avait retrouvé non-seulement ses forces , mais encore les couleurs vives et fraîches qui annonçaient le retour de la santé.

Le P. Jean Torrens , confesseur et supérieur d'Alphonse , racontait lui-même qu'il avait été guéri deux fois par les prières de son saint pénitent. Ce Père, qui était d'une faible constitution , ne pouvait s'accommoder du régime commun, ce qui lui devint surtout très-sensible lorsqu'il se vil nommé recteur du collège; car il jugeait avec raison que rien n'est plus utile aux inférieurs que d'avoir devant les veux les exemples de ceux qui les gouvernent ; il engagea donc Alphonse à demander pour lui au Seigneur qu'il pût suivre en tout la communauté , el il obtint cette grâce.

La seconde guérison fut accompagnée de circonstances plus singulières. Alphonse était retenu dans sa chambre par ses infirmités ; ne voyant plus paraître le P. Torrens, qui alors

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n'était plus recteur et venait souvent visiter le saint frère , il se douta qu'il lui était arrivé quelque chose d'extraordinaire : il interroge l'infirmier, et celui-ci lui apprend que ce Père , sur lequel on avait compté pour la station du carême , était dangereusement malade , et que comme on désespérait de sa vie , on avait déjà désigné un autre prédicateur. Alphonse , qui était plein d'affection et de respect pour le P. Torrens , fut très-affligé de cette nouvelle , et se mit sur-le-champ en prière pour obtenir son rétablissement. Chose admirable! à l'instant même où Alphonse commençait à s'adresser à Dieu dans cette intention , le malade s'endormit, et après avoir reposé tranquillement une grande partie de la nuit, il se réveilla sans fièvre et sans douleur. Le médecin étant venu le malin fut très-surpris de ce changement inattendu ; cependant il ne voulait pas permettre au malade de se lever, craignant une rechute. Le Père, qui savait déjà à quoi il devait attribuer ce qui s'était passé dans la nuit , remercie le docteur de ses soins , s'habille, descend à l'église , célèbre la sainte messe pour rendre grâce à Dieu du prodige opéré par son serviteur; et non-seulement il put prêcher le carême , mais encore , il reprit depuis ce jour toutes ses occupations comme s'il n'eût jamais été malade.

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