‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 98 sur 149 · LE SUCCÈS D'UNE MISS. EST RÉVÉLÉ A ALPH · texte numérisé non relu

LE SUCCÈS D'UNE MISS. EST RÉVÉLÉ A ALPH

secret de la connaissance surnaturelle que Dieu lui avait communiquée.

Les traits suivants prouveront qu'Alphonse vit plus d'une fois distinctement ce qui se passait dans des lieux éloignés de celui qu'il habitait. Deux Pères avaient été envoyés pour donner une mission dans un bourg de l'île , appelé Sineu ; il s'agissait de mettre fin à des dissensions très-difficiles à apaiser , et les efforts des missionnaires avaientété longtemps sans succès: ils recommandèrent leurs travaux aux prières du collège , et le Recteur chargea spécialement Alphonse d'obtenir du Seigneur qu'il donnât l'efficacité aux paroles des deux ouvriers évangéliques. Le Bienheureux passa toute la journée en prières dans cette intention , et la sainte Vierge lui assura sur le soir que l'accord était fait , les partis rapprochés , et qu'à l'heure même où elle lui parlait un messager partait pour Majorque , chargé d'apporter cette heureuse nouvelle au Recteur. Celui-ci , prévenu sur-le-champ par Alphonse, prit note de l'heure indiquée , et à l'arrivée du messager , qui ne tarda pas à paraître , toutes les circonstances du fait étant vérifiées, s'accordèrent exactement sur tous les points avec le récit d'Alphonse.

Le P. Aguire, qui était si intimement lié avec le saint portier, après avoir passé quelques

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années à Majorque, reçut l'ordre de partir pour la Catalogne ; en conséquence il alla s'embarquer au port de Soller. Pendant qu^Alphonse recommandait à Dieu le voyage de ce Père avec toute la ferveur que lui inspirait la sainte amitié qui les avait unis , la Reine du ciel lui fit connaître que si le P. Aguire s'embarquait sur le vaisseau qui lui était destiné, il serait indubitablement pris par les Barbaresques et conduit comme esclave à Alger. A cette annonce , le cœur du bon frère se brise de douleur , et , plein d'une confiance toute filiale , il fixe sur Marie des yeux mouillés de larmes. « Non , s'écrie-t-il dans l'effusion de sa simplicité ; non, ma bonne Mère , il n'en sera pas ainsi ! il ne tient qu'à vous d'empêcher ce malheur , et je ne sortirai pas de vos pieds que le P. Aguire ne soit rentré dans la maison et que je ne l'aie vu dans ma chambre. » 0 pouvoir d'une prière animée par la confiance ! Pendant qu'Alphonse, prosterné , redoublait ses instances , le Père rappelé par je ne sais quel motif auprès du Recteur , revenait sur ses pas , en sorte qu'on ne songea plus pour le moment à le faire embarquer. Au bout de quelques jours , on apprit que le vaisseau sur lequel il devait s'embarquer était tombé , presque en sortant du port, entre les mains des Algériens , et que tous les passagers avaient été réduits en esclavage.

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