Voir Pièces justificatives, n
son noviciat, non plus que sur ses différentes ordinations, dont nous ne connaissons que les dates. Mais ce qu'il fut dans la suite montre assez combien il avait su mettre à profit ces décisives années de formation religieuse, celles durant lesquelles, au sentiment de saint Vincent, la vertu prend les plus fortes et les plus profondes racines i; et, pour comprendre quelle ferveur il dut apporter à la réception des ordres sacrés, il suffit de se rappeler qu'il s'y prépara dans une maison de cette congrégation qui, au dix-septième siècle, contribua si puissamment à la régénération du clergé par ses célèbres « exercices des ordinands », qu'elle regardait — ce sont encore les paroles de son saint fondateur — comme « le plus riche et le plus précieux dépôt que l'Église lui pût mettre entre les mains 2 ».
François-Régis était prêtre. Le jour où l'évêque lui avait dit, à lui et à tous ceux qui allaient recevoir avec lui les grâces et les pouvoirs du sacerdoce : Imitamini quod tractatis^, a Sachez vous immoler à l'exemple de Celui dont vous renouvellerez tous les jours le sacrifice à l'autel », n'avait-il pas déjà conçu le désir de porter l'imitation jusqu'à la mort réelle et sanglante des confesseurs de la foi; n'avait-il pas pressenti la fin glorieuse qui devait couronner son laborieux apostolat ? Mais avant d'aller chercher au loin, sur les terres de l'idolâtrie, la palme du martyre, il devait consacrer à des contrées plus voisines les prémices de son zèle et passer près de vingt
1. Lettres de saint Vincent de Paul, t. II, p. 49, lettre du 2 juillet