‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 12 sur 144 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

M. Clet, professeur au séminaire d'Annecy ; commencements et progrès de cet établissement, le premier en date de tous les grands séminaires. — Réputation croissante de M. Clet; il prononce l'oraison funèbre de Mgr Biord; il est élu député à l'Assemblée générale de 1788.

Il y avait plus de cent ans que le grand séminaire d'Annecy existait sous la direction des prêtres de Saint-Lazare, lorsque M. Clet y arriva, pour prendre part à la formation des jeunes clercs et leur enseigner la théologie morale. Presque au lendemain du concile de Trente; les évêques de Genève avaient eu la pensée et formé le projet d'ouvrir à Annecy, où la Réforme les avait obligés de transporter leur résidence, une de ces écoles de science et de piété sacerdotales, qui sont l'objet d'un des plus importants décrets du saint concile^, et dont il avait prescrit la fondation comme un des moyens les plus efficaces de ramener et de maintenir dans les rangs du clergé les vertus qui font son honneur et assurent le succès de son ministère. Le pieux prédécesseur de saint François de Sales, Claude de Granier, saint François de Sales lui-même ^, avaient tour à tour nourri ce dessein, s'étaient même flattés par instants de lui donner au moins un commencement d'exécution, et avaient dû, faute de ressources, s'en remettre aux héritiers de leur

I. Sessio XXIII, Decretum de Reformatione, c. xviii. 2 Souvenirs historiques d'Annecy, par le chanoine J, Mercier; Annecy, François Abry, 1878, c. xix, p. 357 et ^65.

siège du soin de réaliser leur désir. L'œuvre fut sinon menée entièrement à fin, du moins plus qu'ébauchée par le second successeur de saint François, Juste Guérin. Cet homme de Dieu, qui avait plusieurs fois refusé l'épiscopat, et, entre autres, le siège de Turin, que lui avait offert le duc de Savoie, Victor-Amédée I", ne put résister à la volonté du pape Urbain VIII et, sur son ordre exprès, devint évêque de Genève, à la mort de Jean-François de Sales. Depuis assez longtemps, il habitait Annecy, où il était venu, à l'appel de saint François de Sales, pour prendre, avec plusieurs religieux de la Congrégation des barnabites, à laquelle il appartenait lui-même, la direction du collège que le célèbre Eustache Chapuis avait fondé dans sa ville natale et qui portait son nom^. Évêque, il se donna sans réserve à ses nouveaux devoirs et aux âmes dont il avait la charge : comme le bon Pasteur, il aurait voulu les connaître toutes par lui-même et pouvoir désigner chacune d'elles par son nom : il entreprit de visiter son diocèse en entier et paroisse par paroisse; ses forces le trahirent, usées qu'elles étaient par le travail et les austérités plus encore que par l'âge. Contraint de rentrer dans sa ville épiscopale, il en versa des larmes de chagrin, et, se voyant dans l'impossibilité de parcourir en missionnaire, comme il l'avait projeté, toutes les paroisses de son vaste diocèse, il voulut du moins le faire par d'autres, et jeta les yeux, pour y trouver des auxiliaires et des suppléants, sur la Compagnie que saint Vincent de Paul venait de fonder à Paris. Aux premières ouvertures qui lui furent faites de la part du vénérable évêque, Vincent de Paul

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