‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 15 sur 144 · Lettres de saint Vincent de Paul, t. I, p · texte numérisé non relu

Lettres de saint Vincent de Paul, t. I, p

Pères de Trente et que les prédécesseurs de Juste Guérin avaient si vivement désiré et vainement tenté d'inaugurer dans leur diocèse. Seulement, ils lui donnèrent une forme un peu nouvelle, qui s'écartait du plan du concile *, mais que commençaient à préconiser les Bourdoise^, les Olier, les Vincent de Paul, et qui devait s'accréditer dans la suite. Au lieu de recevoir de tout jeunes enfants, comme on l'avait fait jusque-là sans beaucoup de profit pour le recrutement du clergé 3, les lazaristes d'Annecy réunirent autour d'eux, dans les derniers mois de 1641, plusieurs ecclésiastiques déjà revêtus des ordres sacrés ou sur le point d'y être appelés , et se mirent en devoir de les former à l'esprit comme à la science de leur saint état. Le 8 septembre de la même année, Juste Guérin avait publié un mandement portant

1. On sait que les séminaires, dont le concile de Trente esquisse le plan, devaient recevoir de tout jeunes enfants, « qui, préservés par une sainte retraite de la corruption du siècle, dit Collet, en traduisant presque littéralement le décret du concile, suceraient de bonne heure le lait de la vertu et de la science ecclésiastique». Vie de saint Vincent de Paul, par Collet, 1. IV, éd. 1818, t. II, p. 68. Cf. Faillon, Vie de M. Olier, partie I", I. IX, 4» édit., t. I, p. 388.

2. Le 5 août lôBg, dans un entretien sur la théologie morale, la prédication, le catéchisme et l'administration des sacrements, saint Vincent rendit à M. Bourdoise le témoignage suivant : « Défunt le bon M. Bourdoise a été le premier à qui Dieu a inspiré de faire un séminaire pour y apprendre l'administration des sacrements et toutes les rubriques; avant lui, on ne savait guère ce que c'était; il n'y avait pas d'établissement où on les enseignât; un homme, après sa théologie, après sa philosophie, après ses études, après un peu de latin, s'en allait dans une cure et y administrait les sacrements à sa mode; c'est ce qui faisait une si grande diversité; mais, par la miséricorde de Notre-Seigneur, l'on voit aujourd'hui tout le contraire.» Avis et conférences de saint Vin» cent de Paul, p. 494.

3. Voir Collet, op. cit., t. II, p. 69; Maynard, Saint Vincent de Paul, 1. IV, c. i; t. II, p. 20 et sq.

érection du séminaire de son diocèse, dans la maison des prêtres de la Mission, et leur confiant à perpétuité la conduite de cet établissement ^ Ainsi furent jetées les bases du premier en date de tous les grands séminaires^. Toutefois, cette entreprise ne semble pas avoir eu d'abord tout le succès qu'on s'en était promis. Peutêtre y avait-on apporté un peu de précipitation et quelque imprévoyance. C'est du moins ce qui ressort d'une lettre de saint Vincent de Paul, où il reproche à M. Godoing, le supérieur des lazaristes d'Annecy, de ne l'avoir pas mis assez au courant des conditions dans lesquelles se faisait cet essai, et lui représente, selon une de ses maximes favorites, combien il importe d'attendre l'heure de la Providence et combien l'on gagne à « la suivre toujours pas à pas^)). On n'avait pas pris le temps de s'assurer les ressources nécessaires, auxquelles ne purent suppléer les libéralités de quelques amis de la Congrégation, touchés des heureux fruits obtenus par ces nouveaux maîtres du clergé et de la conduite édifiante de leurs premiers disciples *. Peut-être aussi, quelques-unes

Page 1