‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 65 sur 144 · Lettre à son frère, du 6 novembre · texte numérisé non relu

Lettre à son frère, du 6 novembre

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font l'éloge de celui qui les a tracées comme de celui qui en est l'objet : « Notre courrier pékinois, écrivait en 1802 M. Richenet, missionnaire lazariste débarqué depuis peu à Canton, d'oià il avait, un moment, espéré d'être envoyé au Hou-kouang, notre courrier pékinois a demeuré quelque temps avec le bon M. Clet. Oh ! que la description qu'il me fait de sa pauvre chaumière, de ses travaux et de sa vie apostolique, me fait regretter le changement de ma première destination. Combien je la préférerais au décorum auquel on est si souvent obligé dans la deuxième (il était alors désigné pour la mission de Pékin)! Je crains bien que mes regrets ne soient en vain. Cependant ce n'est pas certain, et d'ailleurs je m'en console aisément par la pensée que l'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et ensuite en considérant que M. Ghislain et d'autres, lorsqu'ils vont missionner pendant quelques mois dans les campagnes, n'ont pas besoin de l'appareil de cour. Ils sont alors tout à fait dans la simplicité et la liberté apostoliques. L'espérance d'avoir quelques répits pareils me console davantage. Autrefois, il y avait cinq missionnaires dans le Hou-kouang ; il y a quelques années, ils étaient trois, et maintenant M. Clet est seul 1, et n'a qu'une faible santé. »

M. Clet eût été bien surpris s'il avait su qu'on trouvât matière à éloge dans sa manière de vivre et dans l'infatigable activité de son zèle. Il se regardait, quant à lui, comme un serviteur inutile, et s'en prenait à son peu de vertu des obstacles que l'œuvre de Dieu pouvait rencontrer dans sa mission. « Comme ma piété

I. M. Richenet entend parler seulement des missionnaires européens.

est dans l'ordre commun, disait-il, mon ministère aussi ne présente rien que de commun, » Et il ajoutait : « Gomme je ne suis pas revêtu de l'esprit d'oraison, je n'attire pas les bénédictions du Ciel sur mon ministère ^ »

Tel n'était pas le sentiment de ses supérieurs. En 1802, de nouvelles négociations furent entamées, à l'effet d'obtenir de Rome l'érection de la mission du Hou-kouang en vicariat apostolique. Écrivant à ce sujet au vicaire général de Saint-Lazare, M. Ghislain lui représente combien il serait à désirer que les missionnaires de cette province, soumis pour le spirituel au vicaire apostolique du Chan-si, fussent affranchis d'une dépendance qui les obligeait à recourir incessamment à un chef dont ils étaient séparés par une distance considérable, et dont les réponses, bien lentes à leur arriver et transmises par écrit, demandaient souvent de nouvelles interprétations qui, au grand détriment des âmes, retardaient encore la solution des questions pendantes. Prévoyant ensuite le cas où Rome, déférant au désir qui lui serait exprimé et consentant à mettre à la tête du nouveau vicariat un Lazariste, demanderait à M. Brunet d'indiquer un candidat pour ce poste,. M. Ghislain ajoutait : « La doctrine, le zèle et la vertu de M. Clet vous sont assez connus pour fixer sur lui votre choix, dans le cas où vous seriez obligé de présenter un sujet 2. » Cette haute dignité fut épargnée à l'humilité de M. Clet; car le projet de M. Ghislain n'eut pas de suite pour le moment. Mais, depuis la

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