Eccli., XVII
chaque district, une ou deux personnes de l'un et de l'autre sexe apprennent à soigner les maladies d'enfants ; par là, en effet, on s'ouvrira l'accès des maisons des infidèles, et, sous prétexte de porter remède aux maladies du corps, on pourra guérir, dans le bain de la régénération, les maladies de l'âme. Mais si c'est une o bligation pour chacun, lorsque l'occasion s'en présente, de baptiser les enfants, c'en est une aussi pour chacun d' apprendre à conférer le baptême. C'est pourquoi, dans la mesure du possible, qu'on n'admette personne à la confession, qu'autant qu'il aura été bien instruit de la manière de baptiser par celui qui accompagne le prêtre. Mais, comme il arrive quelquefois qu'on n'a pas sous la main un vase pour répandre l'eau sur la tête de l'enfant, ou que les circonstances ne permettent pas d'en faire usage, le prêtre doit apprendre aux chrétiens comment ils peuvent légitimement et validement se servir de coton ou de quelque autre matière molle pour baptiser. Enfin, on recommandera aux catéchistes chargés de ce soin d'exercer fréquemment les chrétiens à baptiser, et, s'ils ont peine à obtenir que cela ait lieu tous les mois, ils ne manqueront pas, du moins, de remplir ce devoir quatre ou cinq fois par an.
« 3° Dans les repas chinois, surtout dans ceux qui se donnent à l'occasion des mariages, il règne un abus déplorable qu'on ne peut tolérer et que la religion ne permet pas de passer sous silence. Je veux parler de la coutume odieuse de provoquer les convives à boire : de telle sorte que les hommes les plus sobres d'ordinaire ont eux-mêmes beaucoup de peine à s'affranchir de cette nécessité, qui s'impose en quelque sorte à eux,
de dépasser les limites de la tempérance ; et ce qu'il y a de pire encore, c'est qu'on se sert, dans ces provocations, de paroles grossières et indécentes, à l'aide desquelles on entraîne dans l'ivresse ceux qui ne sont pas sur leurs gardes ; et il en résulte assez souvent qu'il se produit, dans ces repas, des rixes, des querelles, des voies de fait et des discordes. Il est bien difficile, dans ces réunions, de boire avec modération. Ceux qui veulent se maintenir et maintenir les autres dans les bornes de la tempérance chrétienne passent pour des gens malhonnêtes et sans éducation. Le devoir du missionnaire est de protester énergiquement contre ces coutumes, qui sentent le paganisme; afin que, si les chrétiens ne se corrigent pas, ce qu'à Dieu ne plaise ! du moins ils sachent bien qu'ils sont inexcusables et ne puissent prétexter leur ignorance au sujet de ces abus. Jésus-Christ a dit : « Je suis la vérité, » il n'a pas dit : « Je suis la coutume, » qu'ils ne prétendent donc pas s'excuser sur ce que cette coutume est très ancienne. Plût à Dieu qu'on pût entièrement abolir cet appareil des noces, ce bruit, ce concours de nombreux convives, qui sont l'occasion et, si l'on peut ainsi dire, le foyer, la racine des regrettables désordres qui, trop souvent, accompagnent la célébration des mariages chinois ! Mais nous ne prétendons pas proscrire absolument ce que TÉglise tolère; il est du moins du devoir des prêtres d'exhorter fortement les chrétiens à célébrer leurs noces, non pas avec tout ce bruit et tout cet éclat, avec ce concours exagéré de convives trop nombreux, mais dans la crainte de Dieu, dans la simplicité et la modestie, prenant pour modèle le jeune Tobie, lorsque,
sur le conseil de l'archange Raphaël, il épousa la jeune Sara. Mais, comme il serait difficile d'obtenir de quelques chrétiens qu'ils célébrassent leurs noces avec cette piété qui exclut toute faute, qu'on les astreigne du moins à observer les règles, tracées en caractères chinois, concernant les divers repas, et en particulier les repas de noces, où ces règles veulent qu'on boive avec modération et qu'on s'abstienne de certaines formules qui entraînent facilement dans l'ivresse ceux qui ne se tiennent pas sur leurs gardes. Les contrevenants sont passibles de divers châtiments, de diverses amendes ; le prêtre pourra les atténuer ou les changer en d'autres peines , selon sa prudence et les facultés des coupables.
« 4° Il y a enfin d'autres règlements, pour instruire les fidèles à vivre honnêtement, pieusement, en un mot, d'une manière chrétienne. Ils sont tous contenus en abrégé dans ces courtes paroles du Prophète : « Éloignez-vous du mal et faites le bien ^. » Ainsi : i° Ces règlements prohibent certains abus qui sont tellement passés en coutume que, par aveuglement, on se refuse à les regarder comme répréhensibles. Le prêtre en lira la liste, telle qu'elle a été dressée en caractères chinois; il fera ressortir la malice de ces usages et mettra les chrétiens en demeure d'y renoncer. 2° Ces règlements prescrivent plusieurs pratiques, dont l'exécution rendra les chrétiens dignes du nom qu'ils ont le grand honneur de porter. S'ils sont fidèles à les observer, ils comprendront leur dignité, et la honte les empêchera de prendre des mœurs toutes païennes;