‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 83 sur 144 · Joan., X, i · texte numérisé non relu

Joan., X, i

plusieurs abus. C'est pourquoi je prie instamment tous ceux qui cultivent avec moi la vigne du Seigneur, de mettre tous leurs soins et toute leur vigilance à introduire dans chaque district et à faire observer fidèlement les pratiques suivantes :

« 1° Afin de prévenir l'ignorance des mystères de Dieu et de la doctrine chrétienne, on devra, tous les dimanches et les jours où l'on célèbre une fête de précepte, lire sans précipitation, mais clairement et distinctement, la cinquième partie du catéchisme qui a pour titre : Chmg-se-ouen-ta, selon le texte chinois; et, tandis qu'un enfant interrogera et qu'un autre répondra, tous les assistants écouteront attentivement. Mais, pour que les genoux ne soient pas trop fatigués, les lecteurs et les auditeurs seront debout. Gomme nous n'avons pas le droit de changer, de notre propre autorité, un catéchisme anciennement et légitimement introduit parmi nous, et que d'ailleurs il contient beaucoup de choses qui manquent dans le nouveau, on continuera à se servir de cet ancien catéchisme et on le récitera, comme par le passé, à haute voix, tous les dimanches et jours de fête. A cet effet, on devra désigner quatre chrétiens au moins, deux de chaque sexe.

« En outre, comme il n'est pas rare que les chrétiens se trompent touchant l'observance des fêtes et des jeûnes, il sera bon de prescrire qu'après la récitation du catéchisme , on lise le calendrier correspondant à chaque semaine, afin qu'ils soient sans excuse s'ils n'observent pas les fêtes et les jeûnes.

« Et, pour extirper dans sa racine l'ignorance, mère de tous les vices, on établira, dans chaque district, au

moins deux catéchistes de l'un et l'autre sexe, lesquels présideront à l'examen de la doctrine, qui doit se faire tous les mois : savoir, pour les garçons, le premier dimanche, et, pour les filles, le second de chaque lune; et, afin qu'il y ait plus d'émulation parmi ceux qui subiront cet examen , il faudra y assujettir tout le monde , depuis l'âge de sept ans jusqu'à celui de dix-sept ou de dix-huit : cette règle est d'autant plus sage et plus convenable , qu'il arrive assez souvent que des personnes, qui ont atteint l'âge de dix-huit ans, se trouvent insuffisamment instruites des vérités rigoureusement nécessaires pour le salut. Quant aux parents qui seraient convaincus d'avoir néghgé, pendant un temps notable, de conduire ou d'envoyer leurs enfants à cet examen, ils doivent être jugés indignes de recevoir l'absolution, comme coupables d'insouciance pour le salut de leurs enfants; à moins que des raisons légitimes ne les aient empêchés de s'acquitter de ce devoir, ce qu'il ne faut pas toutefois présumer trop facilement.

« 2' Gomme, depuis nombre d'années, les chrétiens mettent trop peu de zèle à procurer le salut éternel des enfants païens, en leur conférant le baptême à l'article de la mort, et que j'ai moi-même beaucoup de reproches à me faire pour ne les avoir pas assez exhortés à pratiquer cette œuvre si excellente de piété et de charité, je vous conjure, par la miséricorde de Dieu, et pour la tranquillité de ma conscience et de la vôtre, de faire tous vos efforts, afin qu'à l'avenir les chrétiens soient plus empressés et plus ardents à baptiser les enfants des infidèles, lorsqu'ils sont en péril de mort. En vue de favo-

riser cette œuvre, on a tracé, en caractères chinois, des instructions détaillées où l'on expose clairement l'obligation qu'ont les chrétiens de baptiser ces enfants et la manière dont ils se doivent comporter, dans les différents cas qui peuvent se présenter, relativement au baptême des enfants nés de parents soit chrétiens, soit infidèles. Il n'y a donc rien à ajouter à ces instructions; mais il faudra presser vivement les chrétiens de s'y conformer et les y exhorter à temps et à contre-temps, en les avertissant qu'ils ne doivent pas se croire si facilement exempts de péché, lorsqu'ils ne saisissent pas les occasions qui s'offrent à eux de baptiser ces enfants exposés à la mort, ou même lorsqu'ils ne cherchent pas les occasions de leur donner le baptême : aussi faudrat-il, au tribunal de la pénitence, interroger les chrétiens et leur demander s'ils n'ont pas manqué à ce devoir. Mais, afin de favoriser une œuvre si sainte, on devra, dans chaque district, établir au moins deux chrétiens de l'un et l'autre sexe, sur qui reposera spécialement ce soin, comme on le pratique pour les autres offices, et mettre cette œuvre sous l'invocation de saint Vincent, comme on a placé celle de l'examen des enfants sous le patronage des saints anges. Que les chrétiens se gardent cependant de se croire dispensés de remplir ce devoir, sous prétexte que d'autres y sont tenus d'office ; car, ainsi que le dit l'Esprit-Saint : « Dieu a confié à « chacun le soin de son prochaine » En outre, pour procurer plus efficacement et plus abondamment le succès de cette œuvre, il faudra faire en sorte que, dans

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