VI PREFACE
tion (le l'édition précédente : nous avons pris encore de douveaux renseignements, creusé plus avant dans nos souvenirs, étudié des manuscrits qui avaient échappé à nos recherches, revu louvrage tout entier ; et nos efiorts n'ont point été vains. Par là il nous a été donné de pouvoir ajouter de nouveaux faits à tant d'autres déjà si pleins d'intérêt , et de corriger des inexactitudes de langage échappées à une composition trop rapide.
Nous mettons ainsi la dernière main à notre travail , non pas que nous le croyions parfait , nous en sentons au contraire vivement tous les défauts ; et si les occupations continuelles d'un ministère sacré ne nous eussent réduit à corriger comme à la dérobée un premier travail déjà précipité lui-même, nous aurions retouché tout noire ouvrage. Mais nous espérons que le fond fera oublier la forme , que l'intérêt des faits couvrira l'imperfection du récit, ou que si le lecteur trouve souvent à désirer la grâce de la diction , il s'en tiendra suffisamment dédommagé par la certitude historique de notre narration. Rien en effet de mieux constaté : les faits rapportés au premier livre nous ont été attestés par les parents ou les amis du cardinal qui en ont été témoins. Ce que nous avons dit de la vie de M. de Cheverus hors de France a été confirmé , 1° par les feuilles publiques de Boston, qui , après avoir attaqué d'abord certains faits, ont fini par en reconnaître la vérité; 2^ par l'honorable M. Stev\-art , écrivain protestant de Boston , qui , à la suite de sa traduction anglaise de notre première édition , a fait imprimer , en forme de pièces justificatives, soit les extraits des journaux de l'époque rapportant les mêmes faits, soit les dépositions des témoins oculaires ou auriculaires attestant la véracité de notre récit ; o° par le vénérable évêque de Boston , successeur immédiat de M. de Cheverus , lequel a daigné nous écrire à ce sujet. Quant à la vie du cardinal depuis son retour en France , nous avons été instruits de son épiscopat à Montauban tant par les Annales ccch'siasiiqucs do celte ville que par les rapports de nombreux témoins; et pour co qui regarde la dernière partie de sa vie sur le siège de Bordeaux , nous n'avons eu qu'à consulter nos souvenirs, qu'à raconter co
mÉtrACR. Vil
que nous avons vu de nos youi et entendu de no^ oreilles. Pendant A'w r M. do Chevcrus a adminisiré le «lioc^se de liordoativ ,1 IIS fié le témoin coiistanl de sa conduite ; et nous pouvons le dire . personne n'en a éié un témoin plus np- I ' 1. Admis i rii ' , de- > iiiicnsal pen<l . uous •vont pu voir do pn^ et suivre en détail sa tic publitiuo et privro. • es sentiments les plus intimes , ses pensées les plus 6e> r. . •v<»ir, «li nous l'osons dire, ses conlhlences d'ami cil r.im.- M r. s II- lout entiiyre ; et il nous est doux do le pnKlanier, plus nous l'avons approTondi et observé en détail , plus nous avons eu lieu d'admirer celte vertu si pure, celte imc si franche et si droite , ce cœur si bon et si tendre.
D(>jà . avant cet rapports d'intimité , M. de Cheverus , par co H'w 1" . ' ! I . • * nito notre vénéra-
ii II , il . ' noire pensée i|uo
comme entouré d'une auréole de grâce et do vertu ; mais tandis (|ih* !•'«. 1 > pordiMU toujours h (Jlre vus de trop
pr«s, uu. - i , en Ittudianl dans sa vie inUrieure et
domestique, combien au contraire son mérite dépassait l'idée que nous nous en étions formée: c'est U seulement que nous l'avons bien connu , c'est là qu'il nous a apparu tout ce qu II élaiti b que sa vie enliére nous a elé révéU-e , et que sa belle àme s'est manifestée à nous dans lout son éclat, dans toute la noblesse et l'élévation de ses sentiments, dans toute sa simplicité cl sa candeur ; et c'est là aussi (pie nous avons puis»- comme le fond principal de cette histoire : car autrement jamais nous n'aurions eu la I '. ' iinal. Mais la Pn>\ ' r .ni