‹ Vie du chevalier de Faublas (volume 3)Chapitre 4 sur 12 · SUR J.-B. LOUVET · texte numérisé non relu

SUR J.-B. LOUVET

En arrivant dans ïa Gironde, Louvet avait mandé à sa Lodoïska, tout en lui déguisant ce que sa position avait d'affreux , qu'au lieu de Fattendrcj il allait tout essayer pour revenir près d'elle. Il se sépara de ses amis, et se mit en route pour Paris, où il arriva enfin , non sans danger, après une suite continuelle de traverses, de contrariétés et de peines, auxquelles il sut opposer tout à la fois de la présence d'esprit et du courage.

Cependant, tant de marches, de fatigues, de hasards, avaient épuisé un corps trop faihle contre tant d'agitations j il tomba malade : malgré sa maladie, il fut obligé de se claquemurer dans une espèce de boîte ou de tambour qui paraissait un mur, et un mur où l'on n'apercevait pas une fente, à moins qu'on ne le sû+.

Mais cette cache , tout admirable qu'elle fut et presque introuvable , n'était pas capable de le dérober à l'active surveillance du comité de sûreté générale. Il fallut chercher une nouvelle retraite et sortir une seconde fois de Paris. A l'aide d'un ami fidèle, le départ fut proictc et exécuté pour les montagnes du Jura. Ce fut dans cetf)e retraite qu'il apprit la chute de Robespierre et de ses satellites ; il reprit alors le chemin de la capitale. Rentré à la CoiiventioH et a l'Assemblée législative qui la suivit, il ré-

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digca de nouveau ta Sentinelle, ou , à travers ijuc'lques bonnes idées, on trouve souvent des opinions exagérées. Si son esprit incjuiet et rejiiiiant }es adopta, son cœur resta lionucte, ennemi des terrorisles et de leurs attentats. Il fut susceptible des sentiracns de Tamitié, de l'amour et de la reconnaissance; il sut se faire des amis et inspirer la plus vive tendresse à l'cpouso qu'il avait choisie. On a remarqué qu'aucun député ne demeura aussi invariable, aussi fixe que lui dans ses principes; de-là vint qu'il parut d'^magogue sous les deux premières assemblées, modéré sous le règne de la Montagne^, exagéré sous la constitution directoriale. Madame Roland, qu'il avait su flatter, le lui rend bien dans ses Mémoires.

((Louvet, dit-elle, a une assez mauvaise « mine, il est petit, flueî:, il a la vue basse et u l'habit négligé; il ne paraît rien au vulgaire, a qui ne remarque pas la noblesse de son front « et le feu dont s'animent ses yeux à Texpresu sien d'une grande vérité. Il est impossible de ■A. réunir plus d'esprit à moins de prétention et « à plus de bonhomie ; courageux comme un ;<.lion, simple comme un enfant, homme sen- K sible , écrivain courageux , il peut faire trem- « bler Caiillna à la tribune , diner avec les U Grâces et SOUper avec Bachaumont, Mb

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En effet, ce fut le seul qui osa attaquer Robespierre au moment de sa puissance (i) ; il le poursuivit sans cesse, et ne lui laissa, ainsi qu'à ses partisans, ni paix ni trêve.

A sa sortie du Corps législatif , il établit une boutique de libraire au palais du Tribunat; tout Paris y accourut pour voir cette fameuse Lodoïska, dont il avait parlé dans ses Mémoires et ses Notices. L'attente des curieux fut trompée; on s'imaginait voir une femme de la plus grande beauté, et qui joignait aux grâces les agrémcns de l'esprit : on n'aperçut rien de tout cela, et chacun fut convaincu que Louvet avait puisé dans son imagination et sa reconnaissance , les charmes dont il avait embelli son épouse.

Il venait d'être nommé consul à Palerme , lorsqu'il mourut à Paris , d'une maladie de poitrine, le 25 août 1797.

Le roman de Faubtas , à qui il doit sa réputation, est remarquable par l'intérêt des événemens, la légèreté du style et l'esprit qui y pétille.

Outre ce roman, dont on a publié plusieurs éditions , en 1 3 volumes in- 1 8 , on a de lui :

1°. Paris jaslifié, 1789, in-S";

(i) Voyez dans le Moniteur le discours qu'il pîononça contra le chef de» jacobius et du terrorisme.

xa NOTICE SUR J.-B. LOUYET.

a". Emilie de Varmont, OU le Divorce nécessaire, 1784? 3 volumes in-ia, roman politique qui n"a pas eu le succès du précédent;

3 '. Ses trois pétitions à l'Assemblée ;

4". Ses deux discours aux Jacobins, à Robespierre 5 sur la guerre ;

5". Les soixante premiers numéros de la Sen tinelle;

6". Son accusation contre Robespierre , imprimée par ordre de la Convention;

7*'. Sa réplique à la réponse de Robespierre, réplique intitulée : A Max^milien Robespierre et à ses roijalisies ,' brochure in-8";

8\ Le JoLûnal des Débats, depuis le 10 août 1792 jusqu'au 10 mars i7o3. On y trouvera ses diverses opinions à la Convention , dans les rares occasions oii les montagnards ont bien voulu ne pas rempecher de parler;

Q". De la Conspiration du 10 mars ^ et de la faction d'Orléans, brochure in-8'';

10"). Notice pour l'histoire et le récit dç ses périls, I volume in-8", 1795.

Louvet ciait devenu lui-même l'artisan de ses maux ; mais son récit n'en est pas moins attachant, curieux et digne d'être conservé. Il a été traduit en plusieurs langues.

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