Vie du comte Félix de Mérode
Emotion proronde causée par la mort du comte Féldl ds Mérodb. — Manifestation solennelle des sympathies et des regrets de la Chambre des Représentants. — Hommage rendu par la presse de toutes les nuances aux vertus de Thomme et au patriotisme du citoyen. — La représentation nationale assiste en corps aux funérailles du comte. — Discours prononcés par le président de la Chambre des Représentants, par le ministre de llntérieur et par le comte de Theux. — Composition et marche du cortège. — Attitude respectueuse et recueillie du peuple de la capitale. •— Senrice solennel célébré en présence du corps épiscopal de Belgique. — - Oraison funèbre prononcée par le cardinal-archevêque de Malines. — Souscription nationale pour Térection d'un monument destiné à rappeler à la postérité les services rendus par Tillustre défunt. — Empressement de toutes les classes de la société à concourir à cette œuvre patriotique. — Lettres d'un ministre , d'un é^êque et d*un curé de village. — But de Fauteur en écrivant la vie du comte Félix db Mérods.
On peut diflicilement se figurer l'émotion douloureuse et profonde avec laquelle la Belgique
Digitizecf by *
entière accueillH la nouvelle inattendue de la mort du comte Félix db Méaodb.
Expression légale des sentiments patriotiques* du pays, la Chambre des Représentants fut la première à rendre un éclatant hommage à l'illustre citoyen qui, pendant plus d'un quart de siè- ' de, avait constamment siégé dans son enceinte.
Pour mettre en évidence la vivacité des regrets et Tunanimité des sentiments qui régnaient sur tous les bancs de l'assemblée, il suffit de transcrire un fragment du procès-verbal de la séance du 9 février 1887 :
ce M. LE Présidbnt. Depuis notre dernière » séance. Messieurs, nous avons perdu un de nos » meilleurs collègues, le pays un de ses enfants » les plus illustres, les plus vertueux, les plus » dévoués; M. le comte Félix de Mérode est mort » samedi au soir, et la famille adresse à la Gham- » bre une lettre pour lui annoncer ce triste évé- » nement.
» Après avoir donné lecture de la lettre, M. le » président dit : « Je propose à la Chambre de » suivre les précédents et d'adresser une lettre » de condoléance à la famille de notre regretté » collègue. {Oui! oui!)
» Je laisserai à la Chambre le soin de décider
» comment elle entend assister au service funèbre » de M. de Mérode. »
v M. RoGiBR (pour une motion d'ordre). La » perle de notre honorable collègue, M. de Mé- » rode^ sera vivement sentie sur tous les bancs de » cette Chambre, car chacun de nous se souvient » des vertus privées et publiques qui distinguaient » Téminent citoyen que le pays vient de perdre » et qui le recommandaient si haut à l'estime de » tous. L'élévation du caractère de M. de Mérode » et ses ardentes convictions lui avaient concilié » la considération de ses adversaires politiques. » Dans un. jour comme celui-ci, il n'y a plus » d'adversaires; il n'y a que des hommes qui s'u* » nissent pour rendre hommage à une vie hono- » rable, à une des gloires les plus pures du pays^ » au citoyen dévoué et généreux qui a travaillé » puissamment à l'indépendance de la patrie.
» {Très^ien! trh-Anen!)
» Le comte de Mérode était un grand citoyen , » un noble caractère, dont les titres de gloire sont » attachés à l'organisation de notre indépendance » nationale. Il n'a cessé de défendre avec énergie » et courage ce qu'il avait puissamment contri- » hué à édiGer. A ce titre, sa mort peut être con- » sidérée comme un malheur public. {Mouwmeni).
» A cette existence illustre, la Chambre doit
f> une démoostralion {Oui! oui!\ pour rappeler à » tous que le pays n'oublie pas ceux qui le servent » bien et qu'il garde le souvenir des services ren- » dus. Je laisse à la Chambre le soin de déterminer '> à quelle sorte de démonstration il convient de )> s'arrêter. Toutefois, je crois qu'il y a des anté- » cédents qui indiquent la marche à suivre. Lors- » que mourut le comte Frédéric de Mérode, frère » de notre collègue, d'une blessure reçue en » combattant pour la patrie, le Congrès national, » pour rendre hommage à l'héroïque dévouement » d'une grande victime de la révolution, décida » de se rendre en corps aux funérailles du cou- » rageux citoyen mort pour la patrie. Je demande » donc que la Chambre fasse de même et qu'elle » assiste pareillement en corps au service funèbre » d'un collègue dont la perte sera longtemps sentie » parmi nous.
» M. DU MoRTiBR {avec émotion). La motion de » M. Rogier est celle que je comptais faire moi- » même; je m'y rallie donc, et il n'y aura qu'une » voix pour la sanctionner. {Oui! oui!) La perte » que le pays vient de faire est immense. La » patrie perd un de ses meilleurs citoyens, la » Chambre une de ses colonnes.
» Réunissons-nous donc dans une commune » pensée pour rendre les derniers devoirs à celui
» que la nation vient de perdre et dont le son- » venir vivra toujours parmi nous!
» Vous vous rappelez tous, Messieurs, le dé- » vouement patriotique de notre honorable eol- » lègue ; tous vous savez quelle part active il » a prise à notre indépendance nationale, et quel » courage il a déployé pour le redressement des » griefs en 1829. Il fut Tun des premiers à prendre » l'initiative patriotique qui devait renverser le » gouvernement du roi Guillaume, et un de ceux » qui montrèrent le plus d'énergie pour consolider » l'œuvre de la révolution.
» M. le comte de Mérode, notre regrettable » collègue, était le dernier de quatre frères qui y> tous ont pris une part à la révolution. Depuis » i850, il n'a pas cessé de faire partie du Congrès » et de la Chambre, et, dans cette longue et glo- » rieuse carrière, vous avez pu apprécier la no- » blesse de son caractère, son grand désintcres- » sèment, son vif attachement à nos institutions; » tous les actes de sa vie politique ont eu pour » but le bonheur et la gloire de la patrie. Son )) attachement au devoir était sans bornes et sa » place restera longtemps vide parmi nous. Mais » l'émotion m'empêche d'aller plus loin. {Mou-- » vement.) )) M. DB Theux. Je félicite l'honorable M. Ro-
» gier d'avoir fait sa motion; il lui appartenait » de prendre cette initiative, car, comme membre » du gquvernement provisoire, il put apprécier » mieux que personne les grandes qualités du )> collègue que nous venons de perdre. Je me » borne à appuyer cette motion, et je propose » à la Chambre de la voter par acclamation.
» (Oui! oui!)
» M. LR Paésidbnt. La Chambre assistera donc » en corps aux deux services funèbres qui seront » célébrés pour notre collègue M. le comte de Mé- » rode? {Oui! oui!) »
A la suite de cette résolution,, le président adressa au fils aine du défunt la lettre suivante, qui ne sera pas l'un des titres les moins glorieux des archives de sa noble famille :
<c ... A l'unanimité et par acclamation, la » Chambre des Représentants a décidé qu'elle » assisterait en corps aux funérailles d'un collègue » si regretté. Associant le pays au deuil de votre » famille, la Chambre a voulu de plus que ses » travaux fussent suspendus le jour de l'inhuma- » tion.
» Cette manifestation, sans précédents, est jus- » lîliée par l'éclat des longs el glorieux services
» rendus à la patrie par le comte Félix de Mé- » rode.
» Il lui a dignement payé la dette qu'impose » un grand nom, un nom historique.
» Fondateur courageux de notre indépendance » et de notre nationalité; vétéran du régime par- » lementaire qu'il a puissamment aidé à créer; » homme d'intelligence et de cœur, avant tout » homme de bien, il emporte avec lui les regrets, » l'estime, l'affection de tous.
» La grandeur de la carrière qu'il a si noblen ment parcourue élève sa mort à la hauteur » d'un deuil national.
» Puisse la pensée que cette perte est ressentie » par tout un pays contribuer au moins à soulager » votre légitime douleur ! La Chambre des Repré- ^> sentants est l'organe du sentiment général en » s'unissant à vos larmes. Il appartient à la reli- » gion seule de les essuyer ! »
Les divergences d'opinion s'étaient effacées, les dissentiments politiques avaient disparu : toutes les âmes et tous les ccsurs s'étaient unis pour payer un tribut de reconnaissance et de regrets au fondateur de l'indépendance nationale, au patriote courageux et désintéressé, au chrétien d'élite chez lequel la ferveur de la foi avait eu pour
compagne assidue l'amour ardent de la liberté. Jamais les sentiments des représentants du pays ne furent mieux en harmonie avec les sentiments de toutes les classes de la nation. Depuis la capitale jusqu'au dernier des villages, on vit se manifester des signes non équivoques de la douleur publique. Les journaux de toutes les nuances, sans en excepter les rares organes du radicalisme, firent trêve à leur polémique quotidienne, pour apporter leur part à cet imposant et solennel témoignage de la reconnaissance nationale. Gomme tous les hommes d'État formes à la rude mais salutaire école de la liberté, le comte de Mérode avait eu ses détracteurs et ses adversaires. A plusieurs reprises, sa réélection au parlement avait été vigoureusement combattue. Plus d'une fois, une presse hostile avait dénaturé ses actes, calomnié ses intentions et nié ses services. Au milieu des luttes passionnées de la tribune, il avait souvent entendu des paroles acerbes et des reproches immérités. Aujourd'hui l'heure de la justice, de la justice pleine, entière, définitive, avait enfin sonné. Le deuil de sa famille était le deuil de tout un peuple (1)!
(4) « A rheure où tombe un des plus fermes el des plus coustants appuis de riDdépendaDce nationale , » disait l'Indépendance belge, « les opinions s'effacent , les questions de parti disparaissent
Les obsèques solennelles du noble défunt furent célébrées le U février 18S7.
Considérons dans tous ses détails ce touchant et magnifique spectacle. Il renferme à la fois une grande leçon pour les uns et une grande consolation pour les autres.
Le vestibule, Tescalier d'honnear et une vaste salle du rez-de-chaussée de l'hôtel de Mérode avaient été transformés en chapelle ardente. Les murs, entièrement cachés par des draperies noires à franges d'hermine, n'avaient d'autre ornement que l'écusson des de Mérode, avec cette mâle et fière devise : Plus d'honneur que d'honneurs. Au fond du vestibule, entre les deux rampes de l'escalier, le cercueil, recouvert d'un poêle de velours noir croisé de drap d'or, portait, outre les Ordres du défunt, le costume de ministre d'Etat. Deux lignes de sous-officiers de l'armée, le crêpe au bras et l'arme inclinée, veillaient autour de la bière. Au dehors, les troupes de la garnison, au complet et en grande tenue, attendaient le moment de prendre leur place dans le
et le pays tout entier ne se souvient plus que des senrices rendus et du noble désintéressement d'une carrière sans tache. Pour nous , qui avons toujours été au premier rang des adversaires du comte de Mérode , nous regardons comme un devoir d'être aussi les premiers à venir payer à sa mémoire un juste tribut d'hommages et de regrets. » {Indépendance du 8 février 4857).
corlége. Une foule immense, où toutes les classes de la capitale étaient largement représentées, remplissait les rues a voisinantes. Pas un cri, pas un murmure ne s'échappait du sein de cette multitude. Immobile, grave, recueillie, elle tenait à prouver que le peuple aussi voulait donner aux funérailles du grand citoyen les proportions d'une solennité religieuse et nationale (i).
(4) Parmi les insignes déposés sur le cercueil, on voyait ayec émotion le grand-cordon de TOrdre de Léopold. Deux jours auparavant , M. le vicomte Vilain XIIIl , ministre des aCfaires étrangères , avait adressé la lettre suivante à M. le comte Werner de Mérode , fils aîné de Tillustre défunt :
« A Monsieur le comte Wjeemsr db Mérodb.
» MONSIBCR LB COMTE,
» Aux fêtes anniversaires du mois de juillet dernier , le Roi ré- » solut de conférer le grand-cordon de son Ordre aux hommes dont » la vie publique se rattachait essentiellement à Torigine de la mo- » narchie nouvelle. Un des premiers noms qui s*offrit à la pensée » de Sa Majesté fut celui de Monsieur votre père dont le pays dé- » plore avec vous la perte inattendue.
» L'illustre défunt se déroba à cette haute distinction , ne voulant » point que , pour un motif qui lui fût personnel , on soumit à un » déplacement les électeurs dont il était le mandataire dévoué. Ce » scrupule de délicatesse ne nous étonna pas ; il était le résultat de » ses habitudes constantes de modestie et d'abnégation.
» Le Roi sut comprendre et apprécier un si noble sentimont ; » mais ayant à cœur de maintenir ce témoignage éclatant de sa » bienveillance, Sa Majesté me charge de remettre entre vos mains, » M. lo comte, les insignes de grand-cordon qu'EUe avait destinés » au comte Félix de Mérode , en vous confiant le triste devoir de les m déposer sur son cercueil.
. » Je vous prie d'agréer , M. le comte , les assurances de ma haute m considération.
» Le ministre des affaires étrangères, » Vf Vilain XIIlI.
» Bruxelles, 9 février 4857. »
Aux termes de la loi du 44 juillet (832 , tout membre des Cham-
Les vastes salons de l'hôtel forent bientôt insuffisants pour contenir les notabilités de tout rang accourues afin de s'associer à la douleur d'une famille aussi illustre que chère aux Belges. Au milieu d'une foule de personnages de distinction, on remarquait les chefs de la maison civile et de la maison militaire du roi, les officiers d'ordonnance du duc de Brabant et du comte de Flandre, tous les ministres en costume officiel, les ministres d'Etat, tous les membres survivants du gouvernement provisoire , les sommités de la magistrature et de l'administration, les hommes occupant une place éminente dans les arts et les lettres^ une députation de tous les corps d'officiers de la garnison, un grand nombre de sénateurs, et enfin la Chambre des Représentants tout entière, venant — la première fois depuis son existence — assister en corps aux funérailles d'un de ses membres.
A midi, lorsque le clergé se présenta pour procéder à la levée des dépouilles mortelles du comte, la famille, les ministres et les collègues du défunt se groupèrent autour du cercueil,
bres qui accepte une Domination dans Tordre de Léopold, à un autre titre que pour services militaires, est soumis à la réélection. Le comte de Mérode était grand-cordon de Tordre de Léopold , grand-croix de Tordre du Christ de Portugal , commandeur de Tordre de St-Grégoire-le-Grand , officier de la légion d'honneur et décoré de la croix de fer.
et M. Delehaye, président de la Chambre des Représentants, prononça, au nom de eette assemblée, le discours suivant :
c( Messieurs,
» La* douleur vraie est sobre de plaintes : elle » se résigne et ne s'étale point.
» La patrie a perdu un de ses enfants les plus » nobles et les plus dévoués; la Chambre des » représentants, en le proclamant devant une )) tombe où la vérité seule est écoutée, la Cham- » bre est Forgane fidèle du sentiment national.
» Dirai-je, Messieurs, .au nom de cette Cham- » bre, au nom de la Belgique, quels titres avait » M. le comte Félix de Mérode à la reconnais- » sauce de tous? A quoi bon, et qui les ignore? » Le peuple belge a la mémoire du cœur. Il sait » qu'aux jours du péril, pour la patrie menacée, » Félix de Mérode, avec un courage dont le dé- » sintéressement atteignait seul la hauteur, ex- » posa sa fortune et sa tète. Il sait que ce regretté » collègue, pendant une carrière politique de » vingt-sept années, a voué au bien de tous son » intelligence, ses forces, ses convictions, avec » une inébranlable constance, une franchise, une » loyauté sans égales.
» Héritier d'un nom illustre, Félix de Mérode
» en a relevé l'éclal par ses services et ses vertus.
» Pour lui noblesse obligeait. Son âme géné- » reuse l'avait compris. Si grande que fût Til- » lustration de sa famille, l'obligation qu'elle im- » posait a été patriotiquement et grandement » acquittée.
» Nous , ses collègues , qui l'avons aimé » comme tous l'estimaient^ nous avons le droit » aussi de rappeler, au moment de la sépara- » tion^ ces qualités précieuses du cœur qui nous » le rendaient si cher; mais pourquoi insister sur » les mérites de l'homme privé?
» La foule reconnaissante, les malheureux que )> Félix de Mérode soulageait avec une inépui- » sable charité, attendent au seuil de cette de- » nieure, pour lui rendre un dernier et respec- » tueux hommage de gratitude. Les indigents le » pleurent avec nous. Les larmes du pauvre sont » toutes-puissantes sur la miséricorde de Dieu. » Elles forment le plus beau cortège que puisse » avoir la pompe funèbre des grands de la terre.
» Ne retardons pas , Messieurs , les manifes-* » tations de ces sentiments.
» A notre exellent collègue, à l'homme de » bien, au citoyen dévoué, disons un dernier » adieu, où plutôt au revoir dans un monde meil- » leur, ou nul de nous ne sait à quelle heure » Dieu l'appellera.
» Félix de Mérode, au nom du pays, merci » pour ta longue et honorable carrière ! Au nom » de tes collègues, de tes amis, au nom de tous, » adieu! >»
Alors, au milieu de cette foule silencieuse et profondément émue, le ministre de l'Intérieur, M. P. de Decker, s'avança et prit la parole en ces termes :
a Messieurs,
» Une double pensée de regrets personnels et » de reconnaissance publique nous réunit autour » de ce cercueil qui renferme les restes mortels » d'un des principaux fondateurs de notre indé- » pendance nationale.
» Interprète des sentiments de la Belgique en- » tière, je voudrais pouvoir dérouler le tableau » de cette existence toute consacrée à l'exercice » des plus éminentes vertus, toute dévouée au » bonheur du pays.
» L'existence .du comte Félix de Mérode se » confond avec l'histoire de la Belgique indépen- » dan te et libre.
n Accouru l'un des premiers à l'appel de la » patrie en armes, accompagné de son frère, le » glorieux martyr de Berchem, il prêta au gou-
» vernement improvisé sous le feu des barricades » l'appui d'un grand nom et d'un noble cœur.
» Bientôt après , il contribua au sein de notre )> immortel Congrès à fonder l'édiGce de nos li- » bertés constitutionnelles, que sa constante préoc- » cupation fut toujours de conserver intactes et » respectées.
)> Dès son premier pa» dans la carrière parle- » mentaire qu'il a parcourue avec un éclat sou- » tenu, il. se révèle tout entier : nature droite, » intelligence prime-sautière , caractère loyal. » Tout le pays connaît le programme de sa poli- » tique naturellement cbrétienne par son esprit, » essentiellement nationale par son but. A cette » politique dont il avait puisé les éléments dans » les traditions de sa famille, autant que dans les » inspirations de son cœur, il se montra fidèle » jusqu'au bout.
» Il aimait instinctivement et d'un amour égal » l'autorité et la liberté ; mais il les voulait faites ^ à son image : l'autorité paternelle et dégagée » de tout abus de pouvoir; la liberté honnête » et ennemie de tout excès. Passionné pour la » vérité et la justice, il défendait ses convictions, » tantôt par la puissance de l'autorité que donne /> un beau caractère, tantôt avec le charme d'une » origintlité pleine d'esprit et de bon sens.
» Qui de nous ne se rappelle, avee un bonheur » mêlé d'attendrissemenl, quelque épisode de ces » diseussions dont les derniers échos semblent » résonner encore à nos oreilles !
» Sa haute position, sa longue expérience des » hommes et des aflTaires, son indépendance et son » désintéressement, et par-dessus tout son incon- » testable dévouement au pays, lui avaient, pour » ainsi parler , donné le droit de dire à tout le » monde, et sans froisser personne, de coura- )> geuses vérités. Mais aussi , il savait payer de » sa personne, sans marchander son concours.
» Il ne reculait devant aucun sacrifice pour as- » surer le triomphe des principes dans lesquels » il voyait le triomphe des grands intérêts du » pays. Son bienfaisant patronage était acquis à » toute œuvre utile, à toute entreprise nationale. » Restauration de nos vieilles gloires historiques , » encouragement de nos gloires naissantes, il » embrassait tout dans l'étreinte de son patrio- » tisme.
» Est-il étonnant que le décès inattendu de cet » homme de bien soit devenu le sujet d'un deuil » national?
» C'est que chacun comprend quel vide laisse » au milieu de nous la disparition de ces hautes » influences qu'assure la rare réunion delh vertu,
» du talent et de la naissance. C'est que chacun D comprend combien importent au salut de la » société ces organisations privilégiées, dévouées n au culte du devoir, du devoir noblement com- » pris et généreusement accompli. C'est que cha- » cun comprend combien il est nécessaire de » conserver à notre patrie ces défenseurs natu* » rels de nos jeunes institutions dont l'esprit s'est » incamé en eux , et dont fls sont d'autant plus » jaloux de maintenir l'honneur, qu'elles furent » leur œuvre, le fruit de leurs luttes et de leurs » travaux, le couronnement de leurs patriotiques » espérances.
» Heureusement, il est dans les vues de la Pro- » vidence que ces hommes d'élite soient utiles » encore dans leur mort même. Le souvenir de » leur existence devient un enseignement fécond » en impulsions salutaires.
» A leur mort, il s'opère, comme à l'insu de » tous, un travail mystérieux dans les esprits et » dans les cœurs. Les passions se taisent, et, dans » ce silence plein de recueillement, la conscience » générale parle.
» Les instincts généreux se réveillent; les bons » sentiments reprennent le dessus, un cri d'ad- » miration et de respect s'élève de la foule. Les » bons citoyens se rassurent, en voyant la place
» que la vertu occupe dans rorganisation de notre » société, et l'influeuce irrésistible qu'elle conti- » nue d'exercer sur nos destinées.
» Que les cœurs se relèvent donc!
» Qu'ils ne s'affligent pas comme les cœurs de » ceux qui n'ont pas d'espérance; mais qu'ils se » retrempent à la source des grandes et divines » consolations!
» Que l'âme du grand citoyen que nous venons » de perdre repose en paix, au sein de ce Dieu » qu'il a aimé et glorifié. Que sa mémoire soit » bénie à travers les générations!
» Et nous, poursuivons courageusement Tac- » coibplissement de la mission sociale que ia » nation nous a imposée. Que la Providence » perpétue au milieu de nous la race des hom- » mes consciencieux et dévoués, et la Belgique » vivra prospère, honorée et libre! »
La Chambre avait manifesté ses sentiments par le discours de son président. Le pays officiel avait eu pour organe la voix éloquente du ministre de l'Intérieur. Il ne restait plus qu'à donner la parole à l'amitié. Cette dernière et touchante mission avait été confiée à M. le comte de Theux qui, lui aussi, pouvait se prévaloir d'une vie tout entière consacrée à la défense des
droits, des intérêts et des libertés du pays. Il s'exprima ainsi :
« Messieurs^
» Admis depuis 1813 dans l'illustre famille du » comte de Mérode, j'ai pu apprécier ses senti - » ments les plus élevés, le patriotisme éclairé » el dévoué de tous, et en particulier de l'honora - » ble comte Félix. Ses qualités se sont montrées » au grand jour et au plus haut degré en 1830, » lorsqu'il prit une part si décisive el si périlleuse » au gouvernement provisoire de la Belgique.
» Préoccupé de l'avenir moral et politique du » pays, il soutint et contribua à décréter la liberté » de l'enseignement, en même temps que la li- » berté des cultes, des associations et de la presse.
» Le Congrès national , dont il fut également » membre , proclama ces libertés dans la Cons- » titution. Elles sont une des grandes bases de » notre édifice politique et de notre indépendance.
» Ces libertés, il leur a été fidèle constamment, » soit comme membre de la Chambre des Repré- » sentants, soit comme membre du gouverne- )) ment, sans toutefois en flatter les abus.
» Depuis l'avènement du roi Léopold, il fut » honoré de son amitié inaltérée. Toujours aussi
» il fut dévoué au Roi et au trône constitutionnel.
» Investi sans interruption du mandat de re- » présentant de la nation , ii le remplit avec con- » science , avec indépendance , zèle et dévoue- » ment.
» Inébranlable dans ses croyances religieuses, » ferme dans ses opinions politiques, il fut tou- » jours tolérant, bienveillant et juste pour ses » contradicteurs.
» La vief privée du comte de Mérode fut tou- » jours digne de ses ancêtres , honneur qui se » perpétue dans ses descendants. Il fut le soutien » et le protecteur de ce qui est bien , bon père , » ami dévoué et constant.
» Confident de ses pensées intimes, nous l'avons » vu le même pendant plus de quarante années.
» Sa mort fut, comme sa vie, celle d'un chré- » tien vraiment digne de ce nom.
» Tel fut rhomme que tous nous honorons de » nos regrets et dont le souvenir sera conservé » à la postérité, pour l'honneur du pays et pour » l'exemple des vertus publiques et privées.
» Le comte de Mérode a rempli avec dévoue-
» ment et avec simplicité les devoirs que sa po-
» sition sociale et les événements politiques lui
.)> imposaient. Eloigné de toute ambition, les
» honneurs ont entouré sa vie; les témoignages
— îl —
» d'estime et d'amitié du Roi , les honneurs » exceptionnels que lui rend la Chambre des » Représenianis sont ratifiés par la nation.
» Le cri d'adieu , expression de la confiance » et de la fraternité chrétiennes, sort de tous les » cœurs.
u Adieu, noble ami! adieu! »
A la sortie du corps, un feu de bataillon salua les restes vénérés du comte; puis le cortège se mit en marche dans l'ordre suivant : Un escadron des guides; les blessés et les combattants de Septembre, avec leur vieux drapeau ; le général commandant en chef la division territoriale ; l'école militaire ; le régiment des grenadiers; le général commandant l'escorte spé^ ciale du corps; un nombreux clergé, précédé de la croix ; le cercueil , porté par les huissiers de la Chambre , les coins du poêle étant tenus par MM. Rogier, Delehaye, de Theux et Mercier ; les membres de la famille ; la Chambre des Représentants; les sénateurs; les autorités et les notabilités de la capitale; le régiment des chasseurs-carabiniers; le onzième régiment de ligne; le régiment des guides; deux compagnies d'artillerie; la gendarmerie à cheval, et enfin des milliers d'ouvriers représentant toutes
— sales branches d'industrie exercées en Belgique.
Au milieu d'un silence funèbre qu'interrompaient alternativement le chant des prêtres et le bruil du canon tonnant dans le lointain, cet immense cortège parcourut lentement les places et les rues conduisant à l'église des Minimes. Les absoutes y furent récitées par le curé de la paroisse; puis le corps fut déposé dans le chœur, pour être le lendemain conduit à sa dernière demeure , à Rixensart , lieu de sépulture des comtes de Mérode (1).
La semaine suivante, la belle église paroissiale fut témoin d'une cérémonie non moins imposante^ mais celle fois exclusivement religieuse. Un service solennel y fut célébré en présence du cardinal-archevêque de Malines, entouré de
(4) En rendant compte de cette triste mais imposante cérémonie, un journal de Bruxelles rapporte une particularité qui ne doit pas être oubliée. «Dans tout le quartier des Minimes, dit-il, régnait » une véritable consternation. Sur le passage du cortège, les pau- » vres , qui malheureusement abondent dans ce quartier , et qui » avaient eu tant d'occasions d'apprécier la généreuse bienfaisance » du comte de Mérode , se découvraient en pleurant. Celui dont on » célébrait les obsèques était le père de tous les malheureux , lo » bienfaiteur de toutes lesjnfortunes; et ce' cortège dMndigents, » qui suivaient en pleurant sa dépouille mortelle , en disait plus en » rbonneur du défunt que toutes les manifestations officielles qui » récompensaient ses services publics. » {Etoile belge, du 42 février 4857).
Voy., kV Appendice, le récit de Tinhumatibn à Rixensart, emprunté au Journal de Bruxelles (L. A.).
tous les évéqués du royaume. Après les regrets manifestés par le roi , par le gouvernement et par la représentation nationale, les chefs spirituels du peuple le plus religieux de l'Europe se faisaient un devoir d'attester que la religion portait , elle aussi , le deuil du grand citoyen que la patrie venait de perdre. Agenouillés au pied de l'autel , ils proclamaient , par la grandeur même de l'hommage , l'incomparable éclat des vertus chrétiennes qui brillaient dans l'âme de l'un des défenseurs les plus énergiques et les plus désintéressés des libertés modernes.
Le temple tout entier était transformé en chapelle ardente. De même que les colonnes et les murs, les fenêtres de toutes les parties de l'édifice avaient disparu sous d'épaisses draperies noires frangées d'hermine^ ayant pour seul ornement l'écusson de la famille de Mérode avec sa glorieuse devise. Pas un rayon du jour ne pénétrait dans cette vaste enceinte , où des milliers de cierges, les uns placés sur des candélabres, les autres étages en longues lignes au*dessus du maitre-autel , répandaient une clarté funèbre. Au centre du transsept, sous un dais immense s'élevant jusqu'à la voûte, était placé le catafalque , recouvert , comme le jour des funérailles^ des insignes et des décorations de l'illustre défunt.
Sous ces arceaux silencieux et sombres, où tout rappelait, en même temps que le néant des choses humaines, la gloire et les espérances immortelles du chrétien fidèle, on vit encore une fois accourir toutes les notabilités de la capitale. Le duc de Brabant et le comte de Flandre, en grand uniforme et le crêpe au bras ; la Chambre des Représentants; les membres survivants du gouvernement provisoire et du Congrès national ; le nonce du Pape et les envoyés des puissances étrangères; les ministres et les chefs de toutes les administrations publiques, vinrent se ranger dans le chœur, où les prélats avaient pris place dans les stalles. Après l'évangile, le cardinal-archevêque monta en chaire, et, par une exception bien rare en Belgique, il prononça réloge funèbre du comte. Il le fit en termes simples et touchants, dictés par le cœur. Il s'attacha surtout à mettre en évidence la foi vive, la piété fervente, la modestie, le dévouement, l'abnégation et l'inépuisable charité du noble défunt, comme autant d'exemples à suivre dans tous les rangs de la société; mais il n'oublia pas de rappeler à son brillant auditoire la part glorieuse que son illustre ami avait prise à l'émancipation politique du pays : trouvant ainsi, dans l'admirable ensemble des vertus religieuses, ci-
viles et politiques qui distinguaient un homme aimé de tous^ la réfutation éloquente des sopbismes à l'aide desquels on conteste aujourd'hui la possibilité d'être à la fois fidèle à l'Etat et à l'Eglise, chrétien fervent et citoyen irréprochable.
Âpres ce discours, qui produisit une impression profonde sur les assistants , le clergé de la paroisse accomplit les cérémonies religieuses, et le cardinal-archevêque , assisté de tous ses suffragants, dit lui-même les absoutes.
Mais tous ces hommages ne suffisaient pas, au gré du pays, pour honorer dignement la mémoire de cet homme simple et bon^ dont la vie entière avait été un exemple permanent de toutes les vertus publiques et privées. Au milieu des ovations funèbres que nous venons de rappeler, on vit se produire un de ces mouvements populaires, qui, lorsqu'ils se manifestent en dehors de l'influence officielle, et alors surtout qu'il s'agit des morts, attestent toujours l'existence d'un sentiment universel^ de reconnaissance et d'admiration.
Deux journaux de Bruxelles ayant émis l'idée d'ériger, aux frais de la nation, un monument à la mémoire du comte de Mérode, des centaines d'adhésions arrivèrent immédiatement de tous les points du pays. Le noble et l'ouvrier,
le soldat et le prêtre, le ministre et l'humble employé plaeé au dernier échelon de la hiérarchie administrative, toutes les classes et toutes les professions s'empressèrent de contribuer à la réalisation de cette belle et patriotique pensée. De longues listes de souscription remplirent les colonnes des deux feuilles, et plusieurs milliers de francs furent recueillis en quelques jours.
Pour faire ressortir la portée réelle de cette dernière manifestation, nous devrions pouvoir reproduire les lettres dont une foule de souscripteurs accompagnèrent l'envoi de leurs dons; car toutes ces lettres expriment, sous les formes les plus variées, les sentiments du milieu dans lequel elles ont été écrites, et plusieurs révèlent des actes de bienfaisance ou de piété jusque-là soigneusement dérobés à la connaissance du public. Forcé de faire un choix, nous copierons trois d'entre elles, écrites par un ministre du roi, par un évéque et par un humble curé de village.
« Bruxelles^ le iO mars iSîil.
» Monsieur le Président (1) ,
» Mes honorables collègues el moi, nous sommes » heureux de contribuer à réfection d'un monu-
(4) M. le twron de Gerlache.
y> ment consacré à la mémoire du comie Félix » de Mérode , en reconnaissance des services » éminents rendus par cet homme de bien à la » Belgique indépendante et libre.
» M. Mercier ayant déjà souscrit, j'ai l'hon- » neur de vous envoyer la somme de SOO fr., » produit des cinq souscripteurs : MM. Vilain » XIIII, Nothomb, Greindl, Dumon et moi.
» Agréez, Monsieur le président, les nouvelles » assurances de mes sentiments les plus dis- » tingués.
» P. De Decker, » ministre de l'intérieur. »
« Monsieur le Directeur (1),
» Si la patrie s'afflige avec raison de la mort » de M. le comte Félix de Mérode, d'un citoyen » qui a si bien mérité d'elle , l'Eglise n'est point » étrangère à l'affliction commune. Son deuil » est même d'autant plus grand, qu'elle se croit » plus obligée envers l'illustre défunt^ ayant à » reconnaître les services qu'il a rendus au pays » comme ceux qu'il a rendus à elle*méme.
» Parmi, ces services, elle met au premier rang
(<) Du Journal de Bruxelles.
» les exemples de toutes les vertus chrétiennes, » pratiquées au grand jour et avec une simplicité » si noble ; son inépuisable bienfaisance , non- » seulement envers toutes les œuvres qui inté- » ressaient la gloire de Dieu , mais encore et » surtout envers celles qui intéressaient les pau- » vres, cette classe privilégiée dans ses affec- » tions , comme elle l'est dans l'amour de Dieu » et de l'Eglise; son dévouement à la cause de » la religion et sa constance à en défendre les » droits et la liberté.
y> Pour nous , qui savons que la vertu chré- )) tienne porte ses regards et ses espérances au » delà du temps, et que nos faibles hommages » sont trop au-dessous de si grands mérites^ si » nous nous reposons du soin de récompenser » et de glorifier les œuvres d'une si belle vie » sur Celui qui seul en connaît toute l'étendue : » nous croirions cependant manquer à un devoir, » si nous ne manifestions pas notre reconnaissance » comme notre douleur. Aussi m'empressé-je de » venir joindre ma modeste offrande à celle de » nos concitoyens, pour élever un monument à » cet homme de bien et perpétuer, non la mé- » moire de sa vie, qui est impérissable, mais le » témoignage de nos justes regrets et de notre » estime. En le faisant , je n'acquitte pas seule-
>i ment une dette comme citoyen, comme évéque » et comme ami , j'obéis encore à l'inspiration » d'une pensée toute religieuse : le monumefit » élevé à un homme vertueux est une leçon de . » vertu pour la postérité. Placé à côté de celui » de son frère , le comte Frédéric de Mérode , ce » nouveau monument donnerait à cet adage une » double et solennelle consécration (i).
» Recevez, Monsieur le directeur, Tassurance » d'une parfaite considération.
» Théodore, évéque de Liège.
» Namur, 19 février 1887.
» P. S. Veuillez m'inscrire sur votre liste pour » trois cents francs. »
« Maeter, le 13 février 1857.
» Monsieur le directeur de l'Émancipation,
» Curé de la plus pauvre commune des deux » Flandres , depuis dix ans je me suis adressé » aux hommes les plus renommés pour leur
(4) Mgr révéque de Liège fait ici allusion au monument érigé, dans réglise de Sainte-Gudule , à la mémoire du comte Frédéric de Mérode. Nous en parierons plus loin.
» bienfaisance. Parmi le pelit nombre de per- » sonnes charitables qui m'ont prélé leur con- » cours, je dois citer en tête le bon Félix de » Mérode. Cet homme de bien, ne connaissant » de moi que le titre que je porte , a eu la grande » bonté de m'envoyer annuellement une somme » de 300 à 500 francs.
» Cette somme m'était d'autant plus précieuse , » que, par la même occasion, il m'adressait une » lettre d'encouragement et me stimulait à con- » tinuer mon œuvre. Je conserve ces lettres » comme le gage de son amour pour les pau- » vres.
» Veuillez , Monsieur, recevoir ce billet de » vingt francs pour l'érection d'un monument an » plus grand bienfaiteur chrétien de la patrie.
» P.-J.-GoossBNS, curé. »
En attendant que la Belgique reconnaissante érige au comte Félix de Mérode un monument destiné à perpétuer le souvenir de ses services et de se^ vertus , nous tâcherons de raconter succinctement les principaux épisodes de celte existence si pure et si bien remplie. »Nous nous efforcerons de montrer comment, à une époque d'âpres convoitises, cet homme,' appartenant à
l'une des maisons les plus opulentes du pays, ne perdit pas un seul jour les sympathies el l'affeetion des classes inférieures; comment ce chrétien fervent, observateur scrupuleux de tous les préceptes et de toutes les pratiques de l'Eglise, dévoua sa fortune et sa vie à la défense des libertés constitutionnelles ; comment cet homme d'Etat , jeté dans les luttes ardentes de la tribune et de la presse, conserva constamment l'estime et l'amitié «de ses adversaires; en un mot, comment le représentant d'un nom illustre sut ajouter à cç nom même un nouvel et durable éclat , au sein des agitations et des orages qui forment l'histoire de la première moitié du dix-neuvième siècle (1).
(4) \0Y,,kYAppendice[L.B.), quelques détails sur les hommages rendus à la mémoire du comte de Mérode par les journaux étrangers.