‹ Vie du P. Marc Folloppe, de la compagnie de JésusChapitre 1 sur 11 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Qu'est-ce que le P. Folloppe? qui a entendu parler de lui ? pourquoi écrire sa vie? Voilà sans doute ce que diront bien des personnes en voyant le titre de ce livre.

Le P. Folloppe a été toute sa vie un homme obscur, mettant à se faire oublier le soin que d'autres mettent à faire parler d'eux, et pratiquant à la lettre le conseil de l'auteur de l'Imitation : Ama nesciri. Rien ne le distingue au dehors, mais c'était un saint, et toutes les industries de son humilité n'avaient pu faire que cette sainteté ne fût remarquée et appréciée par les témoins de sa vie.

Aussi , lorsqu'il mourut , les supérieurs de la Compagnie de Jésus, en France, invitèrent

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tous ceux qui l'avaient connu à mettre par écrit ce qu'ils jugeraient digne d'être noté. Ces matériaux devaient servir à écrire la vie du P. Folloppe. Cette vie n'a jamais été écrite, mais les notes ont été réunies. Elles se sont conservées ; nous les avons eues entre les mains, et nous n'avons eu d'autre peine qu'à les coordonner et à les transcrire en les abrégeant. Elles forment deux cahiers reliés, faisant partie des archives de l'École Sainte-Geneviève, rue Lhomond, à Paris. Ce recueil de souvenirs et de témoignages, émanant de personnes qui avaient toutes connu le P. Folloppe et avaient vécu dans son intimité, est un vrai trésor, dont nous avons voulu tirer parti. Nous y avons été porté d'autant plus volontiers , que le P. Folloppe est entré dans la Compagnie en Russie, qu'il a séjourné dans ce pays pendant plusieurs années, qu'il a été un des professeurs du collège de Saint-Pétersbourg. Or, il nous a semblé que dans un temps où les Jésuites sont en Russie l'objet de tant de calomnies, il n'était

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pas superflu de montrer ce qu'était un de ces professeurs obscurs, qui n'était guère connu que des élèves de sa classe, et qui, aux yeux du monde, passait inaperçu. Peut-être la lecture de ces pages aura-t-elle pour résultat d'amener quelques-uns de mes compatriotes, animés de sentiments si hostiles aux Jésuites , à se convaincre qu'ils les condamnent sans les connaître, sur le témoignage de gens qui ne les connaissaient pas davantage.

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