LEON XIII
un Pâpe qui né veut pas reconnaître les faits accomplis et tendre la main à la révolution, encore un Pape qui va marcher sur les traces de Grégoire XVI et de Pie IX.
Oui, encore un Pape infaillible, un Pape inflexible, un Pape catholique. Et après lui il en viendra un autre, et après celui-là un autre encore. Puis, lorsque Bismark et les autres fils de Satan qui se ruent aveuglément contre le Roc inébranlable seront morts et oubliés, et que d’autres les auront remplacés, il y aura encore des Papes qui ne seront ni modérés ni conciliants.
Voici maintenant une notice biographique du cardinal UoUrR nu Léon XIII, empruntée à un ouvrage rANÇAIS :
frioaccHino feccr.
Né à Carpineilo, (anciens Etats de L’ Æylise) le 2 mars 7870, créi et publié par Pie ZX, d'ins le Consistoire êu 9 décembre 7853, Eu titre de S. CArisogono ; archerèque-érèque de Térouse.
« Le Cardinal Pecci est un des personnages les plus importants du sacré Collége ; important par le caractère, par l'énergie, par La sagesse, par les vertus, par les services. II unit, dans une juste mesure, la douceur apostolique à la sévérité administrative. Il se fait aimer et craindre.
«On va le voir déployer ses qualités solides dans sa carrière.
«Gioacchino Pecci est d’une ancienne famille patricienne de Carpinetto, au-dessus d’Anagni, au pays des Herniques. Il est de haute taille. IL a la maigreur d’un ascète. Sa tête est remarquable de finesse ; les signes du visage sont fermes, arrêtées, un peu anguleuses. Sa voix est sonore et
‘brillante quand il prononce un discours, légèrement nasillarde quand il parle familièrement. Dans les relations de la vie privée, il est simple, affectueux, aimable, plein d'esprit. Dans les cérémonies, sous la pourpe ou sous les ornements épiscopaux, il devient grave, ausière, majestueux: il semble se pénétrer de l'ampleur de son ministère. On dirait qu’il a de la pose : mais non, la pose, chez lui, est naturelle; il ne la cherche pas, elle lui vient; Pie IX
était de mème. L’habitude du Pontificat donne une seconde nature.
«Ses études au Collége romain accomplies, il entra à l’Académie des nobles ecclésiastiques et cultiva avec fruit le droit et la théologie. Grégoire XVI, qui avait la connaissance des hommes, le prit en singulière estime et se lattacha en le nommant Prélat de sa maison et Référendaire à la Signature (16 mars 1837) Peu après, il envoya comme Délégat à à Bénévent ; puis à Spolète, puis à Pérouse. Dans ces villes, Mgr Pecci fit preuve de capacité hors ligne, et s'attira l'admiration publique. II fut en même "temps d’une charité toute sacerdotale, d’une équité incorruptible;, et d’une fermeté indomptable.
«Son premier pas dans le gouvernement mérite d'être
rapporté.
«C'était à Bénévent, pays facheusement situé : loin de Rome, qui le négligeait et l’oubliait trop ; une enclave du royaume de Naples, dont les contrebandiers et les brigands se faisaient un lieu d'asile ! L'administration de cette province offrait des difficultés de toute sorte au Délégat. Il y avait des familles aux mœurs féodales, puissantes par la fortune et.par le rang, qui méprisaient l’autorité, mais s’inclinaient timidement devant le brigandage napolitain, et le protégeaient contre cette même autorité : l’état de la Sicile en ce moment. Mgr Pecci avait donc à lutter contre deux forces unies contre lui, et que l’on note que les brigands commettaient des actes de férocité atroce, et que les familles s’appuyaient à Rome sur des personnages tout. puissants. Les cardinaux Pacca, Pedicini, de Sunone étaient de Bénévent, et prenaient trop souvent parti pour les leurs au mépris du Délégat.
«Mgr Pecci, touché de la condition misérable de la province, résolut de l'améliorer, dût-il briser sa carrière.
«Il commença par obtenir du gouvernement pontifical un employé capable, nommé Sterbini, qui réorganisa la ligne des douanes. Il alla ensuite trouver le roi de Naples, “lui fit part de son dessein, et le décida à donner des dispositions sévères. Gela fait, il s’assura de la bonne volonté des officiers de la troupe et de la gendarmerie, et se mit à l’œuvre. Il fallut livrer des combats en règle, poursuivre les brigands dans les châteaux où ils se retranchaient, et entrer de force dans ces citadelles ; car, pris à la gorge par leurs singuliers hôtes, les seigneurs prétendaient que le Délégat violait leurs terres et leurs demeures et résistaient.