‹ Vie du Père Vincent Huby de la Cie de JésusChapitre 50 sur 54 · LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE TROISIÈME

A la même.

Avis pour le recueillement, pottr la paix de /' âme et pour l 'oraison

2 1 octobre 1656.

PUISQUE vous voilà persuadée de l'avantage qu'il y a d'ignorer ce qui ne regarde point votre obédience et votre devoir, ma chère Sœur, soyez fidèle à pratiquer ce point de perfection, et tâchez d'éviter les occasions d'apprendre ce qui se passe dans la maison. Si quelqu'une va vous en parler, témoignez-lui qu'elle vous obligera de ne vous en rien dire. Pourvu que vous fassiez cela avec franchise et douceur, on ne le trouvera pas mauvais. Ayez seulement le courage de vaincre le respect humain, et veillez pour ne vous laisser pas surprendre par les prétextes, qui vous trompent souvent. Pour le regard de votre intérieur, il vous doit être indifférent en quel état vous vous trouvez de sécheresse et de ténèbres, ou de dévotion et de lumière. Il faut nous tenir comme Dieu veut que nous soyons, pourvu que nous soyons fidèles à faire ce qu'il désire de nous.

Ne vous efforcez point de faire tant d'actes pour exciter la ferveur. Il suffira que vous en fassiez quand vous sentirez votre esprit abattu; encore, faites-les fort simplement, et si vous voyez qu'ils n'aient point l'effet que vous prétendiez, prenez patience et souffrez votre misère, puisque Dieu le veut. Je pense que l'oraison de présence de Dieu vous sera plus utile que la méditation. Vous pourrez seulement y représenter à Dieu votre pauvreté, mais simplement et avec confiance, comme étant devant celui qui peut, et qui veut tout pour votre bien.

Je crois que je réponds à toute votre lettre. Mais quand vous m'écrirez, mettez par articles ce que vous aurez à me dire. Car, de cette manière, il me sera plus facile de ne rien oublier. Priez Dieu pour moi, qui suis en son amour, etc..

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