LETTRE DEUXIÈME
A la même.
Sitr le- dessein qu'elle avait de pistifier une autre \ qu'on calomniait. La manière dont il se comportait j lui-même en pareilles rencontres.
\ A Keyonic, le 6 octobre 1656. •
JE n'ose vous permettre d'exécuter le dessein que vous m'avez communiqué, ma chère Sœur; je craindrais que vous n'y gardiez pas la modération qui serait nécessaire, et que vous ne perdissiez, dans cette occasion, le fruit de cette retraite, je veux dire ce doux repos desprit dont vous m'avez parlé.
Je suis d'avis que vous ne vous mêliez de rien que de votre obédience. Dieu fera voir la vérité et l'innocence là où elle est, s'il le juge à propos pour sa gloire, et pour le bien des personnes que l'on blâme à tort.
Voilà ma conduite : je vois quelquefois des personnes qui ont des impressions peu avantageuses de moi; l'occasion s'est souvent présentée de les désabuser, et il m'eût été aisé de le faire, si j'eusse voulu. J-e les laissais dans l'erreur, abandonnant à Dieu ma justification, etj'étais étonné que, lorsque j'y pensais le moins, les mêmes personnes marquaient avoir pour moi des sentiments d'estime tout opposés à leur première impression.
Il ne faut pas tant nous mettre en peine de remédier à tout, spécialement en ce qui nous touche, il faut
abandonner à Dieu tout cela, et le laisser disposer de tout selon les ordres de la Providence.
Écrivez-moi seulement le nom de cette personne qui invente ces calomnies. Vous ne pécherez point de me le dire, je dois le savoir. Priez Dieu pour moi. Je suis en son amour., etc..