‹ Vie du poète normand Robert Angot, sieur de l'ÉperonièreChapitre 2 sur 8 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

Par malheur, à Tégard de RoBeii^ Angot, le vieux Guillaume était fort incomplet, n'ayant vu que le premier recueil de ses Poésies, tandis que les suivants, le dernier surtout, qui sont incontestablement supérieurs, ont été victimes d'une fatalité singulière. Une ressemblance de titre, que Tauteur a cbercb4e peutêtre., a fait confondre Les Nouveaux SatircM et Exersices gmUards de ce temptj avec Les Exercices de ce temps^ dus à la plume de son compatriote et contemporain Cour-* val-Sonnet. ^— Ce fut M. Daputel, le savant bibliophile et bibliographe Eouennais, qui le premier^ dans la séance do TAcadémie Itojale de Bouen, du 30 mai 1827, signala Texistence des satires de E. An^ot, mentionnées depuis par Charles Nodier dans ses Mélanges et par Yiolle^-Leduc dans sa Bibliothèque Poétique.

Il a donc fallu compléter, par dos notes et un appendice, la vie du Poète, écrite par Guill. CoUetet. Il était également désirable d'y ajouter un portrait. Cette efagie , probablement plus ressemblante qu'elle n'est agréable, existait dans le Prélude Poétique^ première œuvre de R. Angot. Grâce au burin habile do notre confrère M. Jules Adelinb, qui a su la reproduire, avec une fidélité parfaite, cet indispensable attrait ne manquera pas à.ropuscule dont la Société Rouennaise de Bibliophiles a bien voulu me jconfier lapublication«

Par Guillaume COLLETET '.

SOben Anoot, fieur de rEfperonnière ', t naiquit en U ville de Caên, en Normantfdie, province de France qui a toufjours efté a très fertile en poètes, & qui de temps en temps en a produit de bons & de célèbres. Comme il avoit vne grande cognoiûànce des langues grecque & latine, il leut, avec autant de plain contentement pour luy que d'utilité pour le public, les meilleurs autheurs

■ Dans le macusc. autographe, la vie de R. Angot &isait parde du t. IV (1589-161 1).

1 Dcscendait-il du Eimeuz armateur Dieppoîs, qui cou^ vrit les mers de ses vaisseaux, amassa d'immenses richesses, fit pour son compte la guerre au Portugal et mourut eo i55i, pauvre et presque oublié? C'est ce que je n'ai pu savoir ; mais il résulte de ses factums poétiques que sa âmitle était nombreuse, car il y mentionne un de ses frères et trois de ses sœurs. — Remarquons ea passant que R. Angot a singulièrement varié l'ortographe de son nom de l'Esperonnière.

de ces deux langues fouveraines & en transféra plufîeurs beaux traits > dans fes œuvres. Voire mefme il prit à tafche d'en traduire & d'en imiter des pièces entières, qu'il nous donna foubs le titre d'Imitations prifes de divers autheurs grecs & latins.

Ses œuvres qu'il fit imprimer à Paris, l'an 1604 in- 12 > font diviféesen cinq parties.

La première contient plufieurs fonnets qui portent pour titre l'Ifle fleurie^ ou les premières Amours d'Erice; mais pour ce que je fais toujours voir icy nos poètes par ce qu'ils ont de moins difforme ou de plus beau, voicy un fonnet que j'ay veu de fes meilleurs & qui fera juger du peu de valeur ou du mérite des autres 3 :

I Variante : Les plus beaux traits,

CoUetet tout en corrigeant son texte, ne raturait pas la rédaction primitive. C'est celle-ci qui est placée en note comme variante.

* Le Prélude Poétique de Robert Q4ngot, sieur de VEsperonnière. Paris ^ Georges Lombard^ i6o3yin~i2.

CoUetet s^est-il trompé de chiffre, ou existe-t-il des exemplaires portant la date de 1604?

i On le lit au feuillet i5 du Prélude Poétique. Comme l'orthographe de Robert Angot est fort excentrique, j'ai cru devoir la rétablir scrupuleusement, bien qu'elle ait été corrigée par CoUetet. Les citations qu'on trouvait dans les Vies des Poètes étaient d'aiUeurs fort peu fidèles, et il eût j^lu les restituer à l'aide des textes originaux.

Page 1