COLLABORATION AU CORRESPONDANT
Ces Lettres sur la vie chrétienne avaient paru dans le Correspondant. Au mois d'octobre 1855, M. de Montaleinbert, en s'assuraiit le concours de MM. de Falloux, Albert de Broglie et Augustin Gochin^ avait ravivé ce Recueil et, dès qu'il eut mis la main au gouvernail, il fît appel au P. Lacordaire, au nom de leur vieille fraternité d'armes. Cet appel fut entendu. «Un de mes derniers bonheurs dans la vie, répondit le Père, serait que nous pussions mourir sur le même champ de bataille. » 11 s'agissait là encore, dans sa pensée, de servir l'Eglise, de la préserver, s'il se pouvait, en France, de l'abîme d'impopularité où nous la voyons au moment où j'écris (mai 1869), abîme où l'a précipitée la bruvante alliance de F Univers avec le second empire jusqu'en 1859. Il s'agissait de bien constater que tous les catholiques de France n'étaient pas représentés par cette feuille, mais qu'au contraire la plupart de ceux qui avaient le mieux défendu la Religion dans les luttes antérieures, protestaient contre l'attitude politique du journal. Le Père, du reste, n'était pas d'avis d'instituer une polémique directe contre Y Univers. « 11 y a, disait-il, des torrents dont l'unique remède est de les laisser couler ; l'obstacle doublerait leur force. Ce que nous avons à faire, ce n'est pas de nous prendre corps à corps avec eux, mais de nous relever d'autant plus qu'ils s'abaissent davantage ; c'est de soutenir nos principes avec constance et honneur, ralliant peu à peu autour de nous les intelligences les plus élevées de notre église de France ' . » 11 demeura
I A M. cl,. Monliilpnil>prt. 18 janvier 185r).