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quitter mon poste. Assurez-le, du moins, que je suis bien souvent près de lui par la pensée, et que je ne cesse de prier pour lui. »
Le 31 octobre \ le Père fut pris d'inie crise alarmante pandant la nuit. A ses cramp3s d'estomac, se joig-naient des douleurs rhumatismales à la jambe, qui le faisaient cruellement soutfrir. A deux heures de l'après-midi, le docteur Houles, le voyant très-faible, dit qu'on pouvait lui donner les derniers sacrements. Son confesseur l'en prévint. « Non, répondit-il, pas encore; lorsqu'il sera temps, je vous le dirai. »
Los jours suivants furent moillours. Le 2 novembre, le l^ère put dicter pour M. Guizot la lettre suivante :
« Monsieur et cher confrère,
« Je venais d'achever la lecture de votre ouvi-age sui' L'Eglise et la Société cht-é tienne en 18G1, lorsque j'ai reçu un second exemplaire, qui m'était adressé par vos ordres, et en même temps votre billet du :29 octobre. Ces marques de votre souvenir m'ont été d'autant plus agréables, que j'étais encore sous le cjup du plaisir que m'a causé votre livre. C'est une grande lumière dans une grande autorité.
« Il est bien entendu que j<.' ne puis être d'accord avec vous sur la question théologique du Protestantisme. Je ferais aussi mie réserve sur la question d'Italie jusqu'au
i Le 1'. Cliocarue dit L: 30; mais c'est une erreur rectifiée par le V Mourey dans sa brochure Dernière Maladie et Mort du P. Lacordaire.Ce |)oiiit est égaletw-at établi par une lettre du Frèro Seijçueur à M. lie Montalembert, en date du 1 ' novembre IStil.
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moment où le Piémont a envahi à main nrmée les Etals de Naples et une portion des Etals du Saint-Siège qui avait été maintenue sous l'obéissance régulière du Pape. C'est à cette limite, ce me semble, que la justitication a cessé d'être possible, et que la révolution italienne a pris un caractère de violence, de conquête et d'usur[iation.
« Quant aux grandes perspectives de votre ouvrage, aux erreurs et aux mérites de notre temps, à ce qui nous a manqué dans les succès et dans les revers, à la nécessité de la liberté religieuse sincèrement pratiquée pour le Ijien de l'Etat et celui de toutes les communautés chrétiennes, à la distinction de l'esprit libéral et de l'esprit révolutionnaire, aux craintes et aux espérances de l'avenir, je m'associe à vos pensées comme à celles qui peuvent seules sauver le monde et l'Eglise.
« Vous avez dû. Monsieur et très-honoré confrère, subir bien des attaques ; mais vous y êtes accoutumé dès longtemps, et on ne peut servir les h(jmmes qu'en s'expcsant à leur ingratitude.
« Ma santé, dont vous voulez bien me dire un mot, est toujours très- chancelante, et me fait envier votre belle vieillesse, à qui de si longs et si considérables travaux n'ont rien enlevé. »
(^iii ne sent dans ces quelques lignes si nettes, si justes, si fermes de pensée et de langage, nue belle intelligence encore en pleine possession (rdle-nième ? Cette lettre à M. Guizota de plus pour nous un intérêt inestimable en ce- qu'elle nous domie le dernier mot du Père sur la (juestion italienne. De grands dluits avai(M»t été tentés pour