‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 138 sur 195 · ENCORE LA QUESTION ITALIENNE · texte numérisé non relu

ENCORE LA QUESTION ITALIENNE

le gagner à la cause de l'unité : un instant même on avait pu croire sa conviction entamée sur l'annexion de Naples ; car, sur le domaine temporel du Saint-Siège, disons-le encore une fois, il était resté tout à fait inébranlable. Mais, même à l'égard de Naples, sa pensée dernière, sa pensée définitive avait été pour le respect do la liberté humaine, pour le respect de l'autonomie des races, et par conséquent contre l'assujettissement à main armée do l'Italie grecque h l'Italie gallo-romaine, de l'Italie du Midi à l'Italie du Nord K On trouvera un jour dans les lettres inédites du Père d'irrécusables témoignages de son indignation chaque jour croissante contre la politique suivie par la France au dehà des Alpes en 1860 et 1861. Gasteltidardo surtout l'avait révolté. Réélu membre du conseil municipal de Sorèze à cette douloureuse époque, il avait refusé ces fonctions pour n'avoir pas à renouveler son serment de fidélité à l'Empereur-. «En 1855, écrivait-il, cela était possible: aujourd'hui, le machiavélisme et l'improbité sont trop visibles, pour entrer là-dedans pour la dix-millième partie de son être. » Voilà un acte qu'on ne peut expliquer ni par la rancune de ce qu'on nomme les anciens partis, ni par un sentiment d'antipathie contre le courant moderne; on ne peut méconnaître là le cri d'une conscience qui croit au droit de l'Église et au droit d(^s gens, et qui ne transige pas avec l'honneur.

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