OPINION SUR LA BOURGEOISIE
Lacordaire aspirait donc à une aristocratie chrétienne, c'est-à-dire à une société gouvernée par les meilleurs, par les plus dignes, « par ceux, écrivait-il, qui auront gagné une position honnête et vraiment indépendante à force de travail personnel, à force de vertus personnelles ; laquelle position ne se maintiendra pas au moyen de privilèges immobiles, mais par la succession du travail et de la vertu ^ » Il ne lui échappait point que, dans la situation présente des choses, tout est sacrifié à ce qu'on appelle l'Etat. « L'individu et l'Etat, disait-il, voilà tout ce qui subsiste, c'est-à-dire l'anarchie et le despotisme -. » Il rêvait en conséquence une réorganisation chrétienne de la Société, où l'homme serait soutenu et gouverné par quatre puissances hiérarchiquement coordonnées, savoir : la famille, la corporation, la patrie, l'Eglise. Il souhaitait même qu'on pût restituer à l'Eglise catholique son rang social ^. Il eût voulu un système de corporations qui enchaiiuàt toutes les classes dans les droits et les devoirs d'une communauté forte, de telle manière que nul individu n'existât sans lien *.
Il n'en était pas moins de son temps. Ecoute/ :
« Nous ne mettons pas notre espoir dans le rétabhsscmcnt de l'ancienne monarchie ; nous devons aussi peu le mettre dans le rétablissement de rancienne aristocratie. Nous ne devons rien attendre que des éléments nouveaux
» A M. lie Mont ilemhei-l, 22 aoilt 1839.
* A M. de Moiitaleinbert, 21 (le(eiiil)r(> 18.''9. 3 M(>iiu! Lettre.
* M<''me Lettre.