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« Le présent règlement sera immédiatement ob.-5t'rvo dans tous le.s couvents de la province de France. Il sera soumis an Révérendirssimc Vicaire général d<^ l'Ordre et au prochain Chapitre
gëaëral, avec humble prière de le sanctionner et de lui donner ainsi force et vigueur jusqu'à révocation par les mêmes pouvoirs.
« Fait à Gand, dans notre couvent de Sainte-Marie de l'Annonciation, le 4 février 1852.
« Fv. Henri-Dominique Lacorpaire.
« Provincial des Frères Prêcheurs. »
Page 386.
« Lettre du P. Lacordaire à la princesse de Roccagiovine, née Bonaparte.
SoW'ze. le 11 août 1861.
« Madame,
« .J'avais ouï parler de la mort prématurée de la princes.se Bonaparte, mais j'ignorais qu'elle vous fût aussi proche par la naissance et par le cœur, sans quoi je me serais permis de vous adresser mes compliments de condoléance. Rien n'e:>t plus cruel que la mort au point de vue de ce monde, surtout quand elle frappe des victimes pleines de jeunesse, de tous les biens et de toutes les espérances de la vie. Mais, au i)oint de vue de Dieu et de l'éternité, ces malheurs peuvent être une grande grâce pour tous ceux qui en sont atteints; ils nous rappellent l'inconcevable caducité des choses humaines et nous ouvrent douloureusement les perspectives d'un avenir meilleur. Mourir jeune, quand on considère tout ce qui peut arriver dans la vie, peut même être un don sous le rapport purement naturel : combien plus dans l'horizon des choses divines !
« Je n'ai point lu en entier le volume qui contient les discours ])rononcés par le Prince votre père à l'Assemblée constituante romaine, et je ne voudrais point juger sa ligne de conduite sans l'avoir étudiée complètement. C'était une position bien difficilo. Le malheur de l'Italie n'e.st pas d'avoir secoué le joug de l'.Vutriche et voulu asseoir sa nationalité avec ses libertés publiques, mais de n'avoir pas compris la place que la Papauté devait cou-
server dans son sein et d'avoir rêvé une unité prématurée, qui ne peut plus s'accomplir aujourd'hui que par la force des armes et par des violences inouïes. Les Piémontais sont des Gaulois, les Napolitains sont des Grecs : il n'y a entre eux aucun rapport de mœurs, de lois, de traditions, de coutumes et même de climat. La Vendée était française, Naples n'est pas piémontais. La France, en ravageant la Vendée, voulait ramener à l'unité une partie .intégrante et naturelle de son territoire : le Piémont, en ravageant le royaume de Naples, ne fait qu'imiter les Russes en Pologne et les Autrichiens à Venise. Le temps eût pu amener l'unité, les armes n'amèneront que la haine et la vengeance.
« La mort du R. P. Besson, que je ne savais pas être connu de vous, m'a été très-sensible. C'était un de mes premiers compagnons dans la restauration de notre Ordre en France, et un homme remarquable à la fois par une piété très-tendre, un goût très-distingué pour les arts, 11 est mort près de Mossoul, loin de nous tous, mais en pi'ésence et avec le secours de Dieu.
« Je suis ravi que la Vie de madame Sioetchiiic vous ait été agréable. C'était une personne d'un bien grand esprit, et je ne sais s'il y a quelqu'un sur la terre à qui j'aie dû davantage.
« Veuillez agréer l'hommage des sentiments respectueux avec lesquels je suis, .
« Madame.
« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
« Fr. Henri-Dominique Lacordaire, « des Fréi'es Prêcheurs. »