‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 26 sur 195 · Ô6 LACORDAIRE SUR LA CAMPAGNK DE · texte numérisé non relu

Ô6 LACORDAIRE SUR LA CAMPAGNK DE

perdue pour cinquante ans, nous avons gagné plus que cette cause même, puisque nous avons gagné l'instrument qui nous la procurera, et avec elle bien des libertés nécessaires au salut de la France et du monde. . . L'un des grands malheurs du génie de M. de la INIennais, tout utile qu'il ait été, était de ne produire une certaine unité qu'en créant des divisions profondes. Sans doute cela tenait à ce que les temps n'étaient pas mûrs ; mais cela tenait aussi à ce qu'il y avait d'excessif dans ses doctrines, d'irritant dans sa polémique et d'impatient de la réalisation. Au 15 novembre 1831, lorsque V Avenir parut pour la dernière fois, le terrain conquis ou du moins déblayé était immense : il suffisait de dormir et d'attendre. Plus tard, à Rome, il suffisait d'être humble et confiant dans l'Eglise. Jusqu'au dernier moment, la partie était magnifique; elle l'était si bien que la voilà gagnée. Mais, avec M. de la Mennais, jamais ce que nous voyons n'eût été possible, et je m'explique ainsi pourquoi l'esprit de Dieu s'est retiré de lui. Pour nous, mon ami, plus jeunes et plus simples, nous avons accepté sincèrement la direction de l'Eglise ; nous avons reconnu avec droiture nos exagérations de style ou même d'idées, et Dieu, qui sonde les reins et les cœurs, a jeté sur nous un regard de miséricorde : il a daigné ne pas nous briser et même se servir encore de nous. Jamais il n'y eut dans l'Église l'exemple d'une récompense plus grande donnée à la soumission, à côté d'un châtiment plus terrible imposé à la révolt< ^ »

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