‹ Vie du R.P. Louis Sellier de la Compagnie de JésusChapitre 2 sur 44 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Naissance du P. Sellier. — Sa famille. — Ses études. — Ses occupations champêtres.

Louis -Antoine -Fabien Seliier vint au monde le 20 juillet 1772, à Hangest- sur -Somme, paroisse du diocèse d'Amiens. Ses parents étaient d'iionnêtcs cultivateurs, estimés dans le pays pour leur probité et leur attachement à la religion. Les archives de la fabrique d'Hangest font mention de deux membres de cette famille qui ont fait construire à leurs frais un des bas-côtés de l'église paroissiale.

Le père de Louis s'était cru appelé à l'état ecclésiastique, et avait étudié pour s'y préparer; mais le jour même où il devait recevoir le sous -diaconat, il quitta le séminaire, convaincu, disait-il, qu'il se sauverait plus facilement dans ce qu'il appelait le sacrement d'en bas que dansceluid'enhaut.M.Demachy (1),

(1) Charles-François Demachy^ né à Airaisnes (Somme) en 1731 , était frère de M. Demachy, notaire et juge de paix du canton dont cette commune était alors le chef-lieu. Après avoir terminé ses études d'humanités sous la direction des Pères de

alors curé d'Haiigest, fut si touché des seiUiuients chrétiens et de la délicatesse de conscience de son

la Compagnie de Jésus, pour lesquels il conserva #ute sa vie le plus affectueux souvenir, il entra dans l'état ecclésiastique. Ayant été ordonné prêtre , il exerça d'abord pendant quelque temps les fonctions de vicaire au Quesnoy, et succéda comme curé d'Hangest à M. Demacliy, son oncle, qui l'avait appelé près de lui -pouv l'aider dans le ministère pastoral. Charles- François seconda merveilleusement les vues de son parent. Pasteur zélé, il forma aux habitudes de la vie chrétienne et à la fréquentation des sacrements un certain nombre de personnes pieuses , qui répandaient autour d'elles la bonne odeur de leurs vertus.

Dans une circonstance mémorable , M. Demachy rendit à la commune d'Hangest un service signalé qu'elle n'a point oublié. Deux incendies terribles y éclatèrent en un an , et réduisirent en cendres la plus grande partie des habitations. M. Demachy, pour venir en aide à ses paroissiens , entreprit le voyage do Paris , où sa famille et lui surtout étaient avantageusement connus. Il y sollicita la charité des personnes les plus qualifiées, s'adressa même à la cour de Louis XV, et recueillit des sommes considérables qui furent employées à réparer les désastres causés par le fléau. Grâce à ces secours et à l'aliénation d'une partie notable du marais communal, le village sortit de ses ruines , et ne tarda pas à être reconstruit.

Après avoir gouverné pendant vingt- un ans la paroisse d'Hangest, M. Demachy fut nommé curé de Lachaussée, et doyen de chrétienté, titre que portait alors le prêtre chargé de représenter l'autorité épiscopale dans le canton.

A l'époque de la révolution , ayant refusé le serment à la Constitution civile du clergé, il se retira en Allemagne, d'où il ne revint qu'en 1800., au moment où la paix fut rendue à l'Église. Il reprit alors l'administration de sa paroisse de Lachaussée. Deux ans après, on le nomma curé doyen de Villers- Bocage, et il conserva ce poste jusqu'cà sa mort , arrivée le 24 novembre 1825.

Nous avons recueilli encore deux ou trois traits qui feront apprécier la charité de ce prêtre selon le cœur de Dieu , l'ex-

paroissien ex-séminarisle, que, malgré la différence de fortune et de position sociale, il lui proposa d'é-

trème délicatesse de sa conscience et sa fidélité dans l'accomplissement de ses devoirs.

Il était âgé de soixante-neuf ans quand il rentra en France après l'émigration. Dans un âge aussi avancé, et malgré les fatigues de l'exil, il eut encore assez de fermeté dans l'esprit, et trouva dans son zèle assez d'énergie pour composer trois années entières de prônes.

A l'âge de quatre-vingt-sept ou quatre-vingt-huit ans, alors qu'il commençait à ressentir les incommodités de la surdité, il ne crut pas pouvoir prendre sur lui d'entendre les confessions à la sacristie , et il écrivit à Tévêché pour en obtenir l'autorisation. Il demandait en même temps que , eu égard â son grand âge et à la diminution de ses forces, il lui fût permis de prendre quelque chose de plus à la collation des jours de jeûne.

En 1819, la paroisse de Yillers ayant été ravagée par un incendie , le charitable pasteur contremanda une pièce de vin qu'il avait achetée, afin d'en consacrer le prix à assister les victimes du fléau. Il n'eut toutefois que le mérite de la bonne œuvre. Le marchand auquel il s'était adressé (1) ne put souffrir qu'un octogénaire fût privé par un motif si pur d'un soulagement nécessaire à sa vieillesse : il ne laissa pas d'expédier la commande, ajoutant avec une exquise délicatesse que la pièce de vin seraitpayée siM. Demachy, lepouvait, et quand il le pourrait.

Voici en quels termes le P. Sellier se rend comijte à lui-même de l'impression qu'il éprouva quand on lui annonça la mort de cet homme vénérable : « Ce matin j'ai appris la triste nouvelle de la mort de mon vénérable oncle, curé de Villers. Il a consommé sa longue carrière, mercredi, à l'âge de plus de quatre-vingt-quatorze ans. Je lui ai bien des obligations. C'est à lui que je dois en grande partie l'estime et l'amour pour la Compagnie; je n'ai jamais oublié tout ce qu'il m'en a dit, lorsque je n'avais que treize à quatorze ans. Ses paroles, profondément gravées dans mon cœur, ont servi beaucoup à me faire désirer le retour de la Compagnie , et surtout à m'y faire entrer aussitôt que je l'ai pu. »

(1) M. Desraarqnest.,

poiiser sa sœur, Marie -Jeanne Demachy. De celte union naquit le prêtre vertueux dont nous publions la vie (1).

Louis retul du Ciel un esprit pénétrant, une àme vive, ardente et impétueuse, un cœur aimant, en un mot une de ces natures d'élite sur lesquelles la grâce se plaît à travailler, et qui, bien dirigée, peut devenir capable des plus grandes choses. Aussi se fit-il remarquer de bonne heure entre tous les enfants de son âge par une intelligence précoce, et des dispositions à la piété qui semblaient faire présager ce qu'il serait uu jour. Son caractère, il est vrai, naturellement bouillant et fier, l'emportait parfois au d^là des bornes dans ses rapports avec ses camarades; mais la bonté de son cœur le ramenait bientôt à la raison ; et lorsqu'il s'était laissé aller à quelques-unes de ces

(l) Le P. Sellier était l'aîné de trois sœurs, Pélagie, Biandine et Marie-Louise.

Pélagie, mariée à feu Pierre-François Gondallier, dont elle eut deux enfants, mourut la première.

Biandine épousa feu Casimir Olive , et fut mère de quatre enfants : elle est morte le 26 août 1857.

Marie-Louise eut de son mariage avec feu Charles Jourdain trois enfants; 1» Louis-François, né le 13 juin 1803, curé de Long depuis le 27 août 1828, et mort dans cette paroisse le 30 décembre 1845. Il a été inhumé dans la nouvelle église du Long, en témoignage de l'affection et du respect que lui ont voués ses paroissiens. 2° Aniédée , qui cultiva les lettres , se livra à la carrière de l'enseignement, et composa divers opuscules, entre autres un poëme latin estimé sur la commune d'Hangest sa patrie. 3» Achille, depuis cinq ans maire de la commune d'Hangest, où ses services administratifs sont appréciés par ses concitoyens.

saillies, il se hâtait d'en exprimer ses regrets par d'humbles excuses.

Comme il était l'aîné de la famille, et garçon unique, les domestiques, ainsi qu'il arrive ordinairement, le flattaient outre mesure. Ces flatteries eurent pour efTet d'exalter son amour-propre naturel, et de le porter parfois à des écarts et à des vivacités que dans la suite il déjilora amèrement. C'est surtout à ces fautes qu'il fait allusion, quand il écrit, avec un vif sentiment d'humilité et de repentir, qu'avant rage de dix à douze ans, il était déjà un petit monstre d'orgueil (j). Mais ses sœurs, qui eurent aussi à souffrir de la violence de son caractère, rendent en même temps témoignage aux efforts qu'il fit pour en modérer l'impétuosité. Elles nous apprennent encore que, dès l'âge de cinq ans, il les confessait sur un escalier, leur donnait de petites pénitences avec l'absolution, et préludait par ces jeux enfantins au ministère de miséricorde qu'il devait si longtemps exercer.

Vers l'âge de douze ans, Louis fut atteint d'une maladie fort grave qui le conduisit aux portes du tombeau. Il raconte lui-même qu'on le crut mort, et que, sans le secours de la sainte Vierge, à laquelle sa

(1) Retraite de 1824. Comme nous aurons occasion de citer fréquemment les écrits du P. Sellier, il n'est pas hors de propos de remarquer ici en passant et une fois pour toutes , que , quand il parle de lui-même, on aurait tort de prendre à la lettre les exagérations de son humilité. Les expressions semblent toujours lui manquer lorsqu'il rappelle ses défauts et ses fautes.

pieuse mère fit un vœu, il aurait infailliblement succombé. Cette maladie lui laissa dans l'œil droit une tache qui servit, comme il le reconnut lui-même (1), à l'exempter du service militaire en 1795, et qui fut dans les desseins de Dieu un mémorial du bienfait insigne dont il était redevable à la Mère de Dieu.

Les parents du jeune Louis ne tardèrent pas à reconnaître les heureuses dispositions de leur enfant, et ne négligèrent rien de ce qui pouvait contribuer à les développer. 11 savait à peine lire qu'on lui fit étudier les éléments du latin. Jls lui furent enseignés à Hangest même par un maître de pension vertueux, Etienne Dessay. Nous nous plaisons à nommer ici cet homme estimable, pour lequel Louis conserva toute sa vie la plus vive reconnaissance. « Quelle impression, écrit-il dans une de ses retraites (â), les instructions de ce saint homme ont faite sur mon cœur ! La divine parole entrait jusque dans mon âme.» En 1785, quand Louis eut appris suffisamment les premières règles de la langue latine, il fut envoyé au collège d'Amiens pour y suivre la classe de sixième. Ce collège, où s'étaient conservés à peu près toutes les traditions et les usages qu'y avaient, laissés quelques années auparavant les Pères de la Compagnie de Jésus, comptait environ huit cents élèves. La direction en était confiée en grande partie à des ecclésiastiques pieux et instruits. Au milieu de cette nombreuse jeunesse, Louis se distingua constamment par un tra-

(1) Retraite de. 1824.

(2) Retraite de 1808.

vail soutenu et par une grande exactitude à ses devoirs. « Il nous donnait à tous l'exemple de la piété et de la subordination, écrit un de ses condisciples (1), que Dieu semble avoir conservé pour lui rendre cet honorable témoignage, et il fut pendant tout le cours de ses éludes un modèle de régularité, de douceur et d'aménité envers ses camarades, pour lesquels il conserva jusqu'à la fin de sa vie la plus tendre affection.»

Louis suivait depuis peu de temps les cours du collège d'Amiens, lorsqu'il fut admis à la première communion. Ce grand acte de la vie chrétienne fit sur son âme ardente une vive impression : il s'en acquitta avec la plus édifiante piété, il reconnaît lui-même les grâces qu'il reçut de Dieu en approchant de la table sainte. «Dans le temps que je fis ma première communion, écrit-il, quelle foi sincère le Seigneur m'avait donnée pour l'auguste Sacrement de nos autels ! et dans mon année de rhétorique quel amour pour la pureté! Le bon Dieu avait gravé dans mon âme un sentiment de pudeur naturelle, et m'inspira toujours une vive horreur pour le vice. Il me faisait la grâce d'éviter les mauvais discours. »

« Dans cette année de rhétorique, dit-il ailleurs, il s'était opéré en moi un changement frappant. Jamais je n'avais mené une sie plus régulière. Je puis dire que le bon Maître m'avait fait cette année-là des grâces signalées. Il me semble que, si alors j'eusse

(1) Le vénéraWe M. de Kainneville.

trouvé quelque ordre religieux comme celui de la Compagnie de Jésus, j'y serais entré. Mais je n'avais pas de directeur, et la révolution allait éclore. D'ailleurs cette ferveur, faute d'être bien dirigée, se borna à des pratiques de piété. »

Au reste, le prix de sagesse que mérita plusieurs fois notre fervent écolier, et qui lui fut décerné par les suffrages à peu près unanimes de ses condisciples, est la preuve la moins équivoque de sa fidélité dans l'accomplissement de ses devoirs, et des vertus dont il donnait l'exemple.

Comme à de rares talents naturels et à une riche imagination, Louis joignait une application assidue, il obtint de brillants succès dans toutes ses classes, et les solennités littéraires de la lin de l'année furent pour lui l'occasion de nombreux triomphes. M. l'abbé Godin, qui était agrégé à l'ancienne université de Paris, et qui l'avait eu pour élève en rhétorique, se plaisait quelques années plus tard à lire à ses élèves des devoirs de Louis qu'il avait conservés et qu'il leur proposait comme des modèles.

A la fin de cette année de rhétorique, il remporta tous les premiers prix. On nous a transmis une circonstance intéressante de cette solennité. Louis, malade au moment de la distribution des prix, n'avait pu y assister, ni recevoir par conséquent des mains de l'intendant de la province et des supérieurs de l'établissement les récompenses dues à son application. Celui qui présidait à la cérémonie conçut l'heureuse idée d'appeler sur le théâtre, à la place du

fils retenu par la maladie, son respectable père, et de le couronner publiquement, aux applaudissements d'une nombreuse assistance composée des personnages les plus distingués de la ville. Ce spectacle touchant charma l'assemblée, et l'impression fut d'autant plus vive, que l'on n'était pas sans inquiétudes sur l'issue de la maladie du jeune lauréat.

L'année suivante 1790 fut une année de disette. Louis en ressentit les effets, jusqu'à manquer plus d'une fois du nécessaire. Il se félicita dans la suite d'avoir été soumis à ces privations, qu'il envisageait comme un apprentissage de la vie apostolique.

Notre pieux jeune homme voyait approcher le terme de ses études, et touchait au moment de se déterminer sur le choix d'un état de vie. Préparé par une jeunesse aussi vertueuse, il n'hésita pas; et Dieu parlant de plus en plus à son cœur, il prit la résolution de se consacrer au service des autels dans l'état ecclésiastique. Mgr de Machaut, évéque d'Amiens, lui conféra la tonsure cléricale le 21 mars 1790, dans la chapelle du palais épiscopal.

Avant que de terminer l'histoire de ces premières années de notre étudiant , rappelons une circonstance qui prouve avec quelle sollicitude Dieu veilla sur les jeunes ans de son futur apôtre. Nous en puisons le récit dans ses propres écrits. Voici ce qu'il raconte dans sa retraite du 7 août 1819, et les réflexions dont il accompagne son récit.

« J'ai eu l'imprudence d'assister, étant au collège, à une représentation indigne, dont les détails, par un

eiFet de la bonté suradoraJjle de mon Dieu, ne m'ont pas fait alors de trop mauvaises impressions... A propos de cette espèce de spectacle abominable, que je ne puis me rappeler sans horreur (c'était une parade exécutée en pleine rue par des baladins), je dirai que je ne crois pas qu'on puisse imaginer rien de plus révoltant. J'y assistai fort innocemment , attiré seulement, ce me semble, par le plaisir d'y voir des bouffonneries; et le Seigneur, qui dès lors me destinait pour sa Compagnie, quoique je m'en fusse déjà rendu si indigne, permit que je ne comprisse rien à ces turpitudes. J'avais cependant quinze à seize ans. 0 mon Dieu, ne prévoyiez-vous pas alors combien je devais être ingrat, colère, orgueilleux? C'était donc une vipère que vous réchauffiez, que vous conserviez dans votre sein ! Je ne parle pas de tant de circonstances où vous m'avez sauvé la vie comme par miracle, 1° à l'âge de onze à douze ans, étant déjà coupable d'énormes péchés ; 2° à Tàge de seize ans , lorsque après une émeute excitée par la cherté du blé, plusieurs personnes de mon pays furent tuées par suite d*une décharge; 5° à l'âge de vingt-deux à vingt-trois ans, lorsque, montant un cheval fougueux, je pensai être tué... Mais le plus éclatant de vos miracles, ô le Dieu de mon âme, c'est de m'avoir garanti de toutes ces monstruosités contre la sainte vertu... Je me suis trouvé dans les compagnies les plus dissolues, avec des jeunes gens qui ne rougissaient de rien; vous m'avez garanti comme la prunelle de vos yeuX; au point qu'à l'âge de vingt-cinq

ans, j'ignorais encore ce que tant d'enfants savent et font malheureusement à présent. Loin de m'en glorifier, j'écris ces lignes pour ma honte, et pour votre gloire, puisque \ous avez tant fait pour un indigne comme moi, pour un être qui n'a su user de vos dons que contre vous. »

Dans un autre endroit il remercie le Seigneur de ce qu'il n'a pas permis qu'il allât aux théâtres publics: une seule fois il assista à un spectacle bourgeois. Aussi se montrait -il sévère à l'égard de ses sœurs, quand elles s'écartaient du droit chemin; et l'une d'entre elles s'étant un jour permis d'aller à la danse, il l'en reprit sévèrement, et fut inexorable envers la danseuse.

Celte vie d'études avait duré pour le jeune Sellier cinq ans environ, lorsque la révolution, dispersant les professeurs et les élèves du collège d'Amiens, vint en 1790 le forcer à y renoncer. Louis suivait alors le cours de philosophie. Il acheva cette classe en particulier dans le sein de sa famille, où il retourna à l'âge de près de dix -sept ans et demi.

Ne sachant trop quelle profession embrasser, il prit le parti de se livrer à l'agriculture, et de seconder ses parents dans les travaux de la campagne. Il ne perdit cependant jamais le goût de ses études littéraires. Nous lui avons entendu raconter qu'au milieu même de ses occupations champêtres, la lecture des auteurs anciens faisait ses délices. Il travaillait aux champs son Cicéron ou son Conciones à la main, et de retour à la maison, il les relisait encore avec bonheur. Ces

goûts sérieux, en le préparant à la carrière de l'enseignement qu'il devait plus tard parcourir avec tant de distinction , le préservèrent des vices qui accompagnent le désœuvrement, et le disposèrent à répondre à l'appel de la grâce, lorsqu'il se ferait entendre. «Ce genre de vie, dit -il, avait lini par me plaire, quoique j'y rencontrasse des amertumes de bien des espèces. La situation de ma famille était gênée. Je ne pouvais guère y remédier par mes faillies efforts. De plus, le schisme régnait alors en France; les bons prêtres étaient exilés ou cachés : de là privation des secours de la religion. Le bon Maître vint à mon aide en cette circonstance. J'avais conçu une grande horreur du schisme. Jamais je ne communiquais avec les prêtres intrus. C'était vous, Seigneur, qui m'aviez donné ces sentiments de foi et d'attachement à l'Église romaine. De plus, je ne prenais aucune part aux diverlissements de la jeunesse (1). »

Page 1