‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse Le ClercChapitre 32 sur 70 · RAPPORTS AVEC LA MONNOYE · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC LA MONNOYE

est le poète et érudit La Monnove, de l'Académie française (i). L'origine de ce commerce littéraire nous est révélée par une lettre de l'abbé Simon à M. Le Clerc, qui l'avait connu au Séminaire de Saint-Sulpice. Voici cette pièce intéressante; elle n'est pas datée, mais elle est sûrement de la fin de 17 19 ou du commencement de 1720 :

« Vos judicieuses Remarques sur différents articles du premier » volume du Dictionnaire de Moréri de l'édition de 17 iS, m'étant » tombées entre les mains, je les ai lues avec beaucoup de » satisfaction les vacances dernières, en Beauce, chez un gen- » tilhomme de mes amis. L'illustre M. de La Monnoye, mon » compatriote, et je puis dire mon ami, se trouvant cité et j) relevé dans quelques endroits des dites Remarques, je l'en » ai averti vers la fin du mois d'octobre, à mon retour à » Paris. Il voulut voir votre ouvrage et en savoir l'auteur; je » me fis un honneur de le lui déclarer. Ce ne fut point assez » de cette déclaration, il vint me demander les Remarques. Je » les lui offris de bon cœur; il me les renvoya avec la lettre » que vous trouvez ici, qui ne doit point, ce me semble, vous » faire de déplaisir. J'ai cru qu'il fallait vous l'envoyer. Si vous » avez quelque envie d'écrire au même M. de La Monnove, » il demeure à la rue Honoré Chevalier, faubourg Saint-Gcr- » main, prés les Jésuites du Noviciat. Vous savez sans doute » qu'il est un des quarante de l'Académie française. Il tra- » vaille actuellement à un ouvrage considérable, c'est à la » révision des Jugements des Savants, par feu M. Baillet. Il y

(1) Bernard de La Monnove, né à Dijon le 15 juin 1641, étudia sous les Jésuites, puis alla faire son droit à Orléans. De retour dans sa patrie, il fut d'abord avocat au Parlement, ensuite correcteur en la Chambre des Comptes de Bourgogne. En 1707, il alla s'établir à Paris. Après avoir été cinq fois lauréat de l'Académie, il en devint membre en 171 3. Il avait fait sa principale étude des langues savantes, de la critique littéraire et de la poésie, et il a composé dans ces divers genres quantité d'ouvrages dont l'abbé Papillon donne la liste (Bibt. des mit. de Bourgogne, tome II, p. 61-79). « Modeste sans affectation, dit de lui ce dernier auteur, fidèle à ses amis, d'un commerce doux et désintéressé, on le vit toujours égal jusqu'aux derniers moments de sa vie » (IbiJ., p. 65). Il mourut à Paris le 15 octobre 1728, « âgé de quatre-vino;t-huit ans », selon l'acte de son décès.

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