‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse Le ClercChapitre 51 sur 70 · REMARQUES SUR LA « BIBLIOTHEQUE » DE D. LE CERF · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA « BIBLIOTHEQUE » DE D. LE CERF

'Bibliothèque ; à un homme, dis-je, bon bibliothécaire, et qui y avait déjà remarqué nombre de fautes qui lui avaient fait venir l'envie d'en faire une courte critique. Les principales fautes que j'ai communiquées sur cette Bibliothèque, sont : 1° que les titres des ouvrages sont souvent mal énoncés, en sorte qu'on ne peut quelquefois deviner si le livre est latin ou s'il est français ; — 2° qu'il y a bien des écrivains ou des ouvrages omis. J'ai indiqué sept à huit Bénédictins tirés du P. Lelong... ; — 3° beaucoup de noms défigurés ; — 4° des fautes énormes pour un homme qui tranche du savant, comme celle de M. Le TeUier, ^Archevêque de Rouen, successeur de M. Colbert dans le Ministère; de Gennade, Evoque de Marseille; de M. Folard, auteur des notes sur le Lactance De mortibus persecutorum, au lieu de Toynard; de Dom Estiennot dans la familiarité d'Urbain FUI au lieu de Alexandre Fil; du Cardinal de Richelieu, abbé de Saint-Mèdard de Sois sons en 1659, au lieu du Cardinal Maxarin; de M. Toynard adversaire du P. Lamy de l'Oratoire, sur la Tdque , quoiqu'il fût certainement de ses plus zélés partisans, etc. Je ne vous en marque rien de plus, parce que j'ai prêté mon exemplaire noté à un P. Jésuite de mes amis ; — 50 II n'est guères de Bibliothèque où l'amour de communauté reproché par Baillet à Alegambe et à Sotwel éclate plus que dans celle-ci. D. Le Cerf prend parti sur tout pour son ordre, et dit dans un endroit : Un ordre aussi illustre que le nôtre, phrase dont on ne trouvera pas, je pense, la pareille dans les Bibliothèques jésuites; je ne la crois pas intolérable en elle-même, mais laudet te os alienum, non tuum. Il maltraite fort le P. Germon, et pour moi qui ai autrefois examiné à fond cette dispute, le P. Germon avait raison (1) ; — 6° il y a bien des articles dénués de date , de pays , etc. Tout cela réuni à ce que le savant en question aura ramassé de son côté donnera de la matière pour faire une critique fort jolie ».

D. Le Cerf tâcha de se justifier par un écrit où, croyant avoir affaire à un confrère, il prend le haut ton et répond avec beaucoup de vivacité (2). M. Perdoulx de La Perière résolut

(1) « Je pense comme vous sur le P. Germon, qui joignait à beaucoup de science un style excellent... Il est surprenant que les Jésuites n'aient pas mis son Éloge au Journal de Trévoux » (Lettre de M. Bouhier à M. Le Clerc, du 12 mai 1726).

(2) Défense du livre qui a pour titre : Bibliothèque, etc. Au R. P. Dom ***, Religieux de la même Congrégation (de Saint-Maur). Paris, chez Chaubert, 1727, in-12 de 19 pages. Cette Défense parut aussi dans la Bibliothèque française de Du Sauzet, tom. XI, 2* partie, p. 167-194, année 1728. La Lettre de D. Le Cerf est datée de Rouen, le 15 mars 1727. et signée De La Pipardière, pseudonvme sous lequel il cacha son nom.

Page 1